PwC trébuche pour manque de rigueur dans l’examen des comptes de Carrere
Voilà une partie de La Roue de la Fortune à laquelle le cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers se serait certainement bien volontiers dispensé de participer. En cause, sa mission d’examen des comptes auprès de Carrere Group, le producteur de la célèbre émission de télévision. A l’issue d’une enquête ouverte en novembre 2008, la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers vient d’infliger à PwC, selon une décision en date du 19 juillet, une sanction pécuniaire de 150.000 euros. Olivier Thibault, associé responsable du dossier au sein du cabinet au moment des faits, écope en outre d’une amende de 50.000 euros.
Mais PwC n’est pas seul au centre de l’arène. Le cabinet Hermesiane, spécialisé dans l’activité cinématographique et audiovisuelle et second cabinet de commissariat aux comptes mandaté par Carrere, se voit infliger une sanction de 50.000 euros, tout comme son président Xavier Christ. Les dirigeants de la société (cette dernière reçoit une amende de 100.000 euros) ne sont pas épargnés. Dominique Orecchioni, présidente du directoire, écope d’une amende de 100.000 euros, un montant porté à 1,6 million d’euros à l’encontre de Claude Carrere, président du conseil de surveillance et «dirigeant opérationnel de fait», également puni pour utilisation d’information privilégiée. L’AMF précise que ces sanctions sont susceptibles de faire l’objet d’un recours.
L’enquête ouverte fin 2008 par le secrétaire général de l’AMF porte sur «l’information financière et le marché du titre Carrere Group à compter du 31 décembre 2006». Un titre négocié à Paris de 2001 à sa radiation en 2011. L’affaire se déroule dans un contexte financier tendu, Carrere étant placée en redressement judiciaire en décembre 2008 et en liquidation judiciaire en juillet 2010.
L’enquête relève notamment que Carrere a, au titre de l’exercice 2006, enregistré des revenus fictifs ainsi qu’une valorisation irréaliste de son catalogue de droits audiovisuels. La décision de la Commission souligne que les deux cabinets et leurs associés «ont omis de vérifier le caractère documenté et raisonnable des hypothèses retenues par l’émetteur», Olivier Thibault déclarant aux enquêteurs que ces hypothèses «étaient sans doute volontaristes». Les cabinets ont également manqué de rigueur quant au respect des engagements bancaires de Carrere. Le «manquement à la bonne information du public (…) revêt une particulière gravité» selon la Commission des sanctions de l’AMF.
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