PSA Peugeot-Citroën prévoit dorénavant un cash-flow libre négatif en 2011
La stratégie de montée en gamme de PSA ne suffira pas à compenser les conséquences d’une dégradation accélérée du marché automobile européen. S’il espérait encore le mois dernier contrebalancer les effets d’une baisse de la demande grâce à des réductions de coûts, le constructeur français constate désormais que «l’environnement concurrentiel est devenu encore plus difficile à cause d’une pression sur les prix qui s’est intensifiée depuis septembre». Légèrement supérieur aux attentes grâce aux bonnes performances de Faurecia, de Gefco ou de Banque PSA Finance, le chiffre d’affaires trimestriel en progression de 3,5% à 13,45 milliards d’euros masque un repli de 1,6% de l’activité automobile.
Fortement exposé à des pays où la croissance du marché est quasi nulle (France) ou négative (Espagne, Italie, Royaume-Uni) sur neuf mois, le groupe, qui a choisi de maintenir ses prix de vente, a subi «des pertes significatives de parts de marché en Europe», relèvent les analystes de CM-CIC Securities. Une pénurie de vis provenant du fournisseur Agrati a également entraîné le mois dernier un manque de 45.000 unités sur sa production du troisième trimestre qui s’est élevée à 788.000 véhicules.
En dépit d’une croissance à deux chiffres des ventes dans les pays émergents, le constructeur a donc révisé en baisse ses objectifs pour l’année 2011. Il anticipe dorénavant un résultat opérationnel courant de l’activité automobile «proche de l’équilibre» et un cash-flow libre négatif, contre un résultat «nettement positif» et un cash-flow libre équilibré jusqu’ici. Attendu à 1,8 milliard, le résultat opérationnel courant du groupe «devrait être proche de 1,4 milliard», selon les calculs de CM-CIC Securities.
S’il laisse inchangés ses investissements afin de renforcer son internationalisation, PSA a décidé 800 millions d’euros d’économies supplémentaires pour 2012, dont «la moitié sur les achats et le reste sur les coûts fixes». Cela se traduira au total par la suppression de 6.000 emplois en Europe l’an prochain, dont un millier dans la production et 2.500 à travers la fin de contrats de prestations externes. Ces nouvelles mesures, prises pour respecter l’objectif de 3,7 milliards d’euros de baisses de coûts entre 2010 et 2012, reflètent l’incapacité du groupe à réaliser le montant de 1,1 milliard d’économies prévues en 2011.
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