Predica parachève la restructuration du capital de TDF
C’était l’un des engagements pris par les nouveaux propriétaires de TDF lors de la restructuration financière du groupe en novembre 2014: faire entrer au capital du télédiffuseur un actionnaire de référence français. Après des discussions avec plusieurs institutionnels, le choix s’est porté sur Crédit Agricole Assurances.
Sa filiale Predica a acquis 10% de TDF auprès des actionnaires, les fonds canadiens Brookfield Infrastructure et PSP Investments ainsi que le néerlandais APG Asset Management. La part du premier passe ainsi de 50% à 45%, ses deux associés tombant à 22,5% chacun. Le Britannique Arcus reste actionnaire indirect, via PSP et APG. Predica sera représenté au conseil d’administration de la holding de tête.
Son entrée au capital se fait dans les mêmes conditions que celles du changement d’actionnaires annoncé fin 2014 et finalisé début 2015. Brookfield, PSP et APG avaient acheté les actifs français de TDF pour une valeur d’entreprise de 3,56 milliards d’euros, dont 1,4 milliard de dette. Cela représentait un peu moins de 10 fois l’Ebitda. L’entrée d’un actionnaire français de long terme confirme le caractère stratégique de TDF, premier diffuseur des télévisions et des radios par voie hertzienne en France. Dans le précédent tour de table, Bpifrance (24%) et Ardian (18%) apportaient cette garantie «tricolore», face aux fonds TPG (42%) et Charterhouse (14%). De son côté, Predica cherche des actifs d’infrastructures en mesure d’offrir du rendement, à l’image de son investissement l’an dernier chez ADP.
En attendant une prochaine émission obligataire investment grade afin de refinancer 1,4 milliard d’euros de dette résiduelle, l’entrée de Predica parachève une restructuration acrobatique et qui aura nécessité une année et demie de discussions. Objet de deux LBO successifs, en 2002 et fin 2006, TDF était handicapé par une dette d’acquisition qui représentait plus de 7 fois son Ebitda, mis sous pression par les évolutions technologiques du secteur (TNT…). Une première offre de reprise par le fonds Dering avait échoué au dernier moment. Brookfield et ses associés avaient été rattrapés par la manche.
Avec ces actionnaires et libéré d’une grande partie de sa dette, TDF se dit en mesure de retrouver de la croissance en investissant. Le groupe dirigé par Olivier Huart n’exclut pas des acquisitions en France, même si sa position forte limite sa marge de manœuvre, ou dans d’autres pays, pourquoi pas dans le bassin méditerranéen.
Plus d'articles du même thème
-
Orange relève encore ses prévisions après un bon trimestre
L'opérateur télécoms prévoit désormais une hausse de son excédent brut d'exploitation ajusté retraité de 4,5% cette année. -
Le Canada ambitionne l'injection de 5,5 milliards de dollars en capital-risque dans son économie
Le gouvernement fédéral du Canada a dévoilé sa nouvelle stratégie en matière de capital-risque et de croissance. Il lance un appel à déclaration d'intérêt aux grands investisseurs institutionnels. -
Guillaume Abel devient chargé de mission sur l'IA et l'ESG de Natixis IM
Il était précédemment directeur général délégué de Mirova. Il conseillera le directeur général de NIM, avec lequel il a déjà travaillé par le passé.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
Dossier explosifAutonomie corse : récit de la folle nuit où tout a basculé au Sénat
Le sénateurs ont détricoté puis rejeté le texte sur l'autonomie corse. Les forces nationalistes, qui avaient quitté le processus de Beauvau en cours de séance, entretiennent le mystère sur la suite -
DilemmeSmic et coût du travail : chez Jean-Pierre Farandou, le bras de fer s'engage
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou consulte tous azimuts pour tenter de désamorcer la crise du pouvoir d'achat -
RaretéLe crépuscule de la société en commandite
Longtemps prisée pour protéger le contrôle des entreprises, la société en commandite disparaît de la Bourse de Paris, à l'instar de Rubis