PPR voit le rachat de Brioni se rapprocher et la cession de Redcats s’éloigner

François-Henri Pinault exprime officiellement son intérêt pour le tailleur italien, qu’il serait prêt à payer 350 millions d’euros
Bruno de Roulhac
Une vitrine Brioni à San Francisco. Photo: Bloomberg News
Une vitrine Brioni à San Francisco. Photo: Bloomberg News  - 

Dans les prochaines semaines, PPR pourrait bien annoncer le rachat du tailleur italien Brioni. «Nous sommes en discussions avec eux, comme avec d’autres, mais rien n’est finalisé», a déclaré François-Henri Pinault, PDG du groupe de luxe et d’équipement de la personne, en Chine en fin de semaine dernière, alors que les rumeurs d’acquisition couraient depuis la fin juillet. Selon des sources de marché, PPR aurait déposé une offre ferme – ce qu’a refusé de confirmer François-Henri Pinault sans pour autant le démentir – de 350 millions d’euros, dont 90 millions de dette.

«Sur la base d’un chiffre d’affaires 2010 de 190 millions d’euros (153 millions en 2009) et d’une marge opérationnelle de 25%, une telle valorisation ferait ressortir un ratio valeur d’entreprise sur chiffre d’affaires de 1,8, et un ratio valeur d’entreprise sur résultat opérationnel courant de 7,4, des niveaux en deçà des valorisations sectorielles actuelles (de respectivement 2,3 et 10,9 pour 2011)», constatent les analystes de Raymond James. Pour un autre expert cité par Reuters, l’offre, estimée à 12 fois le résultat net 2011, semble «en ligne par rapport aux dernières transactions, comme le rachat de Jimmy Choo par Labelux».

PPR a également manifesté son souhait d’acquérir une marque chinoise «avec sa propre identité». Pour l’heure, «je n’ai pas encore vu une telle opportunité. Il n’y a aucune raison que cela n’arrive pas», a déclaré François-Henri Pinault, qui cherche notamment à accroître le portefeuille de joaillerie.

Le groupe poursuit son repositionnement «et vise des acquisitions de taille intermédiaire (300 à 350 millions d’euros de chiffre d’affaires) qui minimisent l’investissement et le risque d’exécution mais n’accélèrent pas radicalement sa transformation», ajoute Raymond James.

De fait, la cession de Redcats (notamment La Redoute, Daxon, Verbaudet et Cyrillus), confiée à la banque Rothschild, risque de prendre bien plus de temps que prévu. Au début de l’été, certains intervenants misaient sur un lancement du processus fin juillet pour des premiers dépôts d’offre en septembre. Depuis, le mois d’août est passé… rendant l’accès au crédit bien plus difficile. Or, les fonds sembleraient plus intéressés que des industriels. Les valorisations de Redcats présentent une large fourchette entre 868 millions d’euros pour HSBC et 1,5 milliard pour Raymond James.

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