PPR ne manque pas de cibles pour se renforcer dans la mode
L’année 2011 est annoncée comme un grand millésime en matière de fusions-acquisitions. PPR pourrait contribuer au mouvement. La vente de Conforma au groupe de distribution sud-africain Steinhoff, pour une valeur d’entreprise comprise entre 1,55 milliard et 1,65 milliard d’euros, a redonné une capacité d’action au français. Après l’annonce de cette opération, en cours de finalisation, Standard & Poor’s a d’ailleurs confirmé mi-décembre la notation de PPR à BBB- avec une perspective stable tout en indiquant s’attendre à ce que le groupe utilise les fonds de la vente de Conforama pour financer une acquisition dans la mode grand public. Selon les analystes de Cheuvreux, le groupe a intérêt à réinvestir le produit de la vente s’il ne veut pas supporter un effet dilutif de 10% sur son bénéfice par action.
Pour la Société Générale, ce ne sont pas les cibles potentielles qui manquent. De Quicksilver à Billabong, en passant par Timberland et Columbia, la liste s’est allongée depuis l’annonce de la cession de Conforama. Présentant des valeurs d’entreprise estimées entre 698 millions d’euros pour Timberland et 2,2 milliards pour Columbia, ces sociétés entrent dans le budget potentiel de PPR.
Ces marques dites de «green outdoor» compléteraient aussi Puma, conformément à l’objectif de la direction de PPR de développer ce segment de marché parallèlement à la division luxe (Gucci…). Les statuts de Puma ont d’ailleurs été récemment organisés en «société européenne» ce qui, selon les analystes de la Société Générale, faciliterait l’intégration de nouvelles marques.
Autre voie possible pour PPR: renforcer la division luxe autour de la marque Gucci. Mais sur ce marché, les prix ne sont pas les mêmes. Bulgari vaut ainsi près de 3 milliards d’euros, Hugo Boss 4,4 milliards et Burberry 6,8 milliards. Même sur le non-coté, la valeur d’Armani est estimée à 4,86 milliards d’euros. Pour ne pas remettre en cause la note de son crédit, PPR aurait besoin dans ce cas de céder la Fnac et Redcats, ses derniers actifs officiellement à vendre. Le processus serait alors plus long que le rachat d’une société de «green outdoor».
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