Portugal Telecom profite de l’inflation des valorisations du secteur
Cinquante millions d’euros de plus qui feront peut-être la différence. Apax Partners et Bain Capital ont officiellement déposé leur offre sur Portugal Telecom, surenchérissant sur la proposition dévoilée la semaine dernière par Altice. L’offre des deux fonds de private equity donne à Portugal Telecom une valeur d’entreprise de 7,075 milliards d’euros, contre 7,025 milliards avec la proposition d’Altice, a précisé le brésilien Oi, premier actionnaire de l’opérateur portugais.
La structure des deux offres se ressemble. Elles intègrent chacune 800 millions d’euros de compléments de prix, liés pour moitié au chiffre d’affaires futur de Portugal Telecom et pour moitié à la génération d’Ebitda. Les deux offres excluent également la créance de 897 millions d’euros détenue par Portugal Telecom sur la holding Rio Forte Investments de la galaxie Espirito Santo en cours de liquidation. Les actifs africains de Portugal Telecom sont également exclus. Une troisième offre est portée par Isabel dos Santos, la fille du président angolais, mais celle-ci vise directement la structure cotée de Portugal Telecom. Elle a été jugée inacceptable par Oi.
Les offres d’Altice et du duo Apax-Bain représentent un peu moins de 7 fois l’Ebitda estimé de Portugal Telecom pour 2014 et 13 fois le free cash flow opérationnel, multiples qu’il aurait été rare de voir pour un opérateur historique il y a encore quelques trimestres. Mais depuis quelques mois, le secteur européen des télécoms jouit d’un nouvel intérêt. Selon les analystes de Goldman Sachs, la valorisation des groupes européens de télécoms, hors opérateurs alternatifs et câblo-opérateurs, est à un pic historique. Le multiple valeur d’entreprise sur Ebitda moins investissements (capex) atteint ainsi 12,5 fois pour 2015 contre une moyenne de 10,2 fois au cours des dix dernières années. Le ratio valeur d’entreprise sur Ebitda pour 2015 ressort à 5,9 fois.
Cette tendance «a de grandes chances de se maintenir à court et moyen termes et pourrait même s’amplifier», estime Goldman Sachs, «en raison de plusieurs facteurs». La consolidation évidemment, mais aussi la faiblesse du coût du capital qui joue favorablement sur les valorisations, et enfin la recherche de rendement dans un environnement économique encore peu clair. Goldman Sachs rappelle que les dividendes estimés du secteur européen des télécoms pour 2015 offrent un rendement de 5%.
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