Plastic Omnium accélère le mouvement de désintermédiation de sa dette
Bien accueillie par le marché, l’émission obligataire inaugurale de 500 millions d’euros réalisée la semaine dernière par Plastic Omnium prouve que l’appartenance au secteur automobile en Europe n’est pas un obstacle rédhibitoire à un financement externe. «Le carnet d’ordres, fermé au bout de deux heures, a recueilli une demande près de deux fois supérieure à l’offre faite aux investisseurs», commente pour L’Agefi Michael Haize, responsable marchés de capitaux & corporate banking France chez Deutsche Bank, l’un des chefs de file de l’opération avec Natixis et RBS.
Il précise que «cette base d’investisseurs est constituée à 70 % de gérants de fonds, 20% sont des assureurs et environ 10% sont des banques». L’origine de ces investisseurs est française à 48% et britannique à 30%. On trouve ensuite l’Allemagne et la Suisse qui totalisent 15% des achats de titres, puis d’autres institutionnels européens. Cotée à Paris, l’obligation d’une maturité de 7 ans offre un coupon annuel de 2,875% et un rendement effectif de 3%.
Le groupe accélère ainsi la désintermédiation de sa dette entamée en juin 2012 avec un placement «Schuldschein» de 119 millions d’euros à 6 ans, suivi en fin d’année par une émission privée «EuroPP» de 250 millions de maturité identique. «La rémunération du placement EuroPP effectué en octobre 2012 avait été fixée à 280 points de base (pb) au-dessus du taux ‘mid swap’, dans le cas de cette émission inaugurale elle s’établit à seulement 180 pb au-dessus de ce taux de référence», souligne Michael Haize.
Le produit de cette émission inaugurale financera les besoins généraux de l’équipementier automobile, tout en allongeant la maturité de sa dette qui s'élevait en montant net à 390 millions d’euros fin 2012, soit 47% de ses fonds propres et 0,8 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda). Comme dans les deux opérations précédentes, la bonne santé financière du groupe, qui n’est pas noté par les agences de crédit, lui permet d’éviter la mise en place de covenants.
Outre une trésorerie brute de 328 millions d’euros, dont 46% ne fait l’objet d’aucune restriction d’utilisation, Plastic Omnium bénéficiait au 31 décembre dernier de lignes bancaires confirmées de 1,16 milliard, l’échéance moyenne de ces facilités de crédit étant supérieure à 3 ans.
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