Philips reste en deçà de son objectif de croissance du chiffre d’affaires
«Etant donné le climat économique incertain et la confiance fragile du consommateur au sein de certains de nos marchés, nous avons une vision prudente de la tendance sur nos ventes au quatrième trimestre». Philips a ainsi prévenu hier que l’horizon n’était pas encore tout à fait dégagé en termes de dynamisme du chiffre d’affaires. Il est vrai que la progression de 10% de ce dernier au troisième trimestre (6,16 milliards d’euros) est ramenée à 1% en données comparables, bien loin de l’objectif affiché le mois dernier de dépasser de 2 points la croissance économique mondiale.
Quand bien même le groupe est coutumier de prévisions conservatrices, le directeur financier Pierre-Jean Sivignon a concédé que certains relais de croissance, tels les marchés émergents (plus du tiers des ventes du groupe au trimestre écoulé, en hausse respectivement de 19 et 7% en données brutes et comparables), pouvaient être mis à mal par les déstockages des distributeurs ou le manque de reprise des marchés de la construction.
Un panorama «en demi-teinte» selon Delphine Brault chez Oddo, qui souligne la contre-performance de la division «produits de grande consommation», dont le chiffre d’affaires (2,09 milliards d’euros) abandonne 5% en données comparables. En parallèle, les ventes des divisions «santé» et «éclairage» ont progressé au troisième trimestre de 4 et 7%. L’analyste rappelle fort à propos que Philips visait en juillet une croissance globale «voisine de 5%» au titre du second semestre.
Si le compte n’y est pas sur le front de la croissance de l’activité, Philips a tout de même publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Le groupe s’est dit confiant de respecter son objectif d’un résultat opérationnel ajusté représentant plus de 10% des ventes cette année, après avoir enregistré une marge de 10,1% sur neuf mois et de 10,5% sur le trimestre écoulé (et 6,1% au troisième trimestre 2009). Philips vise une marge d’exploitation annuelle de 10 à 13% jusqu’en 2015. Un défi de taille pour Frans van Houten, qui prendra au printemps le relais de Gerard Kleisterlee en tant que directeur général, sur fond notamment d’un plan de 6.000 suppressions de postes.
Philips a par ailleurs bénéficié d’un gain net de 154 millions d’euros lié à la cession de ses titres NXP Semiconductors pour tripler son résultat net, à 524 millions.
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