Philips entreprend sa transformation la plus radicale en 123 ans d’existence
Après des années de réorganisation interne dont les résultats n’ont pas souvent été à la hauteur de ses espérances, Philips a annoncé hier lors d’une journée investisseurs sa plus profonde transformation en 123 ans d’existence. Le groupe néerlandais va scinder d’ici à 2016 sa branche éclairage, tout en fusionnant ses activités d’électronique grand public et de santé sous le nom de HealthTech.
«Je suis conscient de l’importance de la décision que nous prenons, mais le temps est venu de prendre une nouvelle orientation stratégique pour Philips», a commenté le PDG Frans Van Houten.
Activité historique du groupe, l’éclairage a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 8,4 milliards d’euros sur un marché mondial supérieur à 60 milliards. Après avoir fait de Philips Lighting une entité juridiquement séparée, Philips envisagera «différentes options permettant à celle-ci d’avoir un accès direct aux marchés financiers». Les activités HealthTech généreront de leur côté un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros sur un marché dont la taille est supérieure à 100 milliards. Chacune des deux sociétés aura son propre comité de gestion et le droit d’utiliser la marque Philips.
«Le groupe considère que l’éclairage sera mieux placé en tant qu’entité indépendante pour faire face à l’évolution du secteur, tandis que la branche HealthTech devrait atteindre un multiple de valorisation plus élevé puisqu’environ 80% de ses bénéfices émaneront de la santé», relèvent les analystes de BoA Merrill Lynch. Cette nouvelle structure devrait générer une baisse supplémentaire des frais généraux de 100 millions d’euros l’an prochain et de 200 millions à l’horizon 2016. Elle entraînera néanmoins des coûts de restructuration additionnels de 150 millions, dont 50 millions comptabilisés cette année.
Malgré des effets de change moins défavorables et l’impact positif de son programme d’économies «Accelerate!», Philips s’attend pour le second semestre 2014 à un résultat d’exploitation avant survaleurs (Ebita) hors exceptionnels «légèrement inférieur» à celui de l’an dernier à la même époque, notamment en raison des problèmes de production sur son site de Cleveland qui fabrique des équipements d’imagerie médicale.
Le groupe maintient en revanche ses objectifs 2016 qui prévoient une croissance de 4 à 6% de ses ventes à périmètre comparable, une marge d’Ebita de 11 à 12% et une rentabilité des capitaux investis d’au moins 14%.
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