Pfizer renonce à une scission, jugée non créatrice de valeur
Revirement. Alors que Pfizer évoquait depuis plusieurs années un projet de scission, il a annoncé hier y renoncer, au moins pour le moment. Cette décision intervient juste après le rachat de Medivation au nez et à la barbe de Sanofi pour 14 milliards de dollars. Depuis l’échec du rachat d’Allergan en avril dernier en raison de l’opposition des Etats-Unis aux opérations d’inversion fiscale, le marché avait commencé à douter du projet de scission de Pfizer.
A l’issue d’un examen approfondi, le laboratoire américain a décidé de rester une société unique avec deux activités distinctes et complémentaires, les produits de santé innovants (oncologie, vaccins...) et les produits matures (médicaments dont les brevets ont expiré), pour conserver une puissance opérationnelle et une flexibilité financière. «Nous croyons que par l’exploitation de deux unités distinctes et autonomes au sein de Pfizer, nous parvenons déjà à un grand nombre des bénéfices potentiels d’une scission – responsabilisation accrue, plus grande conscience de l’urgence – tout en maintenant une puissance opérationnelle, une efficacité et une flexibilité financière d’une société unique», explique Ian Read, PDG de Pfizer.
Avant de prendre cette décision, le laboratoire américain a mesuré la performance de chaque métier au sein de Pfizer, a déterminé si chaque activité pouvait être compétitive comme entité autonome, et a évalué si une valeur cachée existait dans l’unité combinée et s’il était possible de libérer cette valeur facilement. En outre, Pfizer a regardé si ses impératifs stratégiques et opérationnels pouvaient être mieux atteints dans la structure actuelle que dans deux sociétés cotées.
Au fil du temps, l’écart potentiel entre la valorisation de Pfizer et sa somme des parties (SOTP) a disparu, précise Frank D’Amelio, directeur financier de Pfizer, tout en expliquant qu’une scission aujourd’hui ne devrait pas améliorer la génération de trésorerie et le positionnement concurrentiel des deux métiers, tandis que les perturbations opérationnelles, les coûts de scission, et l’incapacité à réaliser des économies d’impôts seraient probablement destructeurs de valeur.
En attendant, Pfizer assure le marché que cette décision n’aura pas d’impact sur ses objectifs financiers 2016. Ce statu quo devrait même permettre au laboratoire américain de poursuivre ses acquisitions, estime Sanford Bernstein.
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