Pfizer refuse de payer le prix exigé par AstraZeneca
Rupture consommée entre Pfizer et AstraZeneca. Le laboratoire anglo-suédois vient de rejeter pour la quatrième fois une offre, pourtant améliorée du groupe américain. Pfizer, qui proposait initialement 46,61 livres par action, a relevé son offre à 50 livres début mai, puis a proposé 53,50 livres vendredi dernier, avant de fixer son dernier prix dimanche à 55 livres.
Cette dernière offre, en ligne avec certaines attentes d’experts, valorise le laboratoire 69,4 milliards de livres (85 milliards d’euros). Parallèlement la part de cash a progressé régulièrement de 30%, à 33%, puis à 40% vendredi et 45% dimanche. Sur la base de cette parité, Pfizer aurait détenu 74% du nouvel ensemble et AstraZeneca 26%.
Pfizer a précisé dimanche que cette offre était la dernière et qu’il ne lancerait pas une OPA hostile. «Nous croyons que notre proposition est motivante pour les actionnaires d’AstraZeneca et que la combinaison de Pfizer et d’AstraZeneca est dans le meilleur intérêt de toutes les parties prenantes», a expliqué Ian Read, directeur général de Pfizer. Mais, «nous ne croyons pas le conseil d’AstraZeneca aujourd’hui prêt à recommander une offre à un prix raisonnable», a-t-il ajouté.
En effet, le laboratoire anglo-suédois, a déclaré que le conseil pourrait commencer à étudier le dossier seulement à partir d’une offre 10% au-dessus de celle du 16 mai, soit à partir de 58,85 livres. Astra met notamment en avant son pipeline en stade avancé. L’approche de Pfizer «semble avoir été fondamentalement conduite pour offrir des bénéfices financiers aux actionnaires grâce aux économies de coûts et à l’optimisation fiscale, a expliqué Leif Johansson, président d’AstraZeneca. Pfizer n’a pas réussi à présenter une offre convaincante, tant en termes de stratégie que de valeur».
Aussi, l’action AstraZeneca a chuté hier de 11,11% à 42,875 livres à Londres. «Nous sommes extrêmement déçus par la tournure des événements», a déclaré hier un gérant, dont le fonds est actionnaire d’AstraZeneca. Nous ne pensons pas que la direction d’AstraZeneca a fait un bon travail pour les actionnaires». En revanche, pour Aberdeen AM, également au capital d’AstraZeneca, l’offre actuelle est un «bon prix», mais «ils pourraient probablement faire mieux».
Pfizer a encore jusqu’au 26 mai pour proposer une offre. D’ici là, les actionnaires d’AstraZeneca pourraient faire pression sur le management pour qu’un compromis soit trouvé.
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