Partouche se lamente d’un tassement de l’appétit pour ses jeux

Le casinotier n’exclut pas une révision de ses prévisions «en cas de persistance du ralentissement d’activité»
Benoît Menou

Groupe Partouche a publié des résultats semestriels en demi-teinte, frappés par une dégradation de l’activité. Faute d’éclaircie, le casinotier pourrait revoir ses prévisions. Une nouvelle qui a réveillé la nervosité des investisseurs, le titre cédant 7% hier dès l’ouverture avant de clôturer en repli de 7% à 0,93 euro. Il se négociait à 1,87 euro fin 2010 et à 1,21 euro fin 2011.

Au 30 avril dernier, le produit brut des jeux (PBJ) affiche sur six mois un repli de 1,7%, à 335,3 millions d’euros. Cet indicateur clé d’activité était en hausse de 2,1% sur le premier trimestre de l’exercice, marqué selon le groupe alors par une «activité satisfaisante». Partouche se désole ainsi du «manque de visibilité» dont «souffre actuellement» le secteur et prévient qu’«en cas de persistance du ralentissement de l’activité» il «serait amené à enregistrer des réalisations en PBJ et Ebitda inférieures à celles figurant dans le Plan d’affaires en place et à revoir alors ce cadre prévisionnel». En clair, l’annonce ne constitue pas formellement un avertissement sur résultats, mais cela y ressemble. Le plan du groupe vise une croissance annuelle de 1,5% du PBJ entre 2012 et 2015.

La rentabilité du groupe a quant à elle pâti sur le semestre écoulé d’une progression des charges courantes (dont des charges de personnel en hausse de 1,9% à 101,4 millions), cela «malgré les efforts permanents de contrôle». Le résultat opérationnel courant abandonne ainsi 20,5% à 19,8 millions d’euros. Le résultat financier est néanmoins en amélioration de 1,5 million d’euros, à un solde négatif de 6 millions, grâce selon le groupe à «une réduction du coût de l’endettement liée notamment à la renégociation du crédit syndiqué» et à «un résultat de change plus important». Et au bilan, l’endettement net a progressé de 1,3 million d’euros sur le semestre (206,6 millions), représentant à fin avril 0,57 fois les capitaux propres, contre 0,56 fois fin octobre 2011.

CM-CIC Securities a salué la «maîtrise» de ce ratio de gearing et confirmé, tout comme Gilbert Dupont, sa recommandation d’achat sur le titre. Un sentiment positif pourtant fondé sur des espoirs de cessions d’actifs «prévues depuis plusieurs années». Et «alors que le groupe reste fragile», «la rechute économique risque maintenant de repousser indéfiniment les opportunités» de cessions, selon le courtier.

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