PAI Partners amorce avantageusement sa sortie du capital d’Atos
Réalisé il y a un peu plus de cinq ans dans un contexte houleux, l’investissement de PAI Partners au capital d’Atos se révèle payant. Le fonds a placé hier, par l’intermédiaire de Morgan Stanley, 8,9 millions d’actions de la SSII, soit environ 9% de son capital, réduisant ainsi à un peu plus de 11% sa participation résiduelle. Les titres ont été vendus 61,25 euros pièce.
Si la décote consentie est relativement élevée, à 4,78% par rapport au cours de clôture de la veille, PAI récupère tout de même 545 millions d’euros, soit 80% de la valeur nette de son investissement dans Atos. A fin décembre 2012, celle-ci s’élevait à 671 millions d’euros dans les comptes de la Financière Daunou 17, la holding luxembourgeoise qui porte la participation. La valeur nette par action s’élève à environ 37 euros. Le prix obtenu lors du placement d’hier fait ainsi ressortir une plus-value de l’ordre de 65%.
Le produit du placement servira à refinancer la dette de la Financière Daunou 17, avec pour objectif d’allonger de deux ans et demi sa maturité. Une opération qui redonnera au fonds de nouvelles possibilités d’investissement, ajoute PAI sans plus de précision.
Actionnaire historique d’Atos, PAI réaffirme «son entier soutien et sa confiance» dans le plan stratégique à l’horizon 2016 dévoilé la semaine dernière par Thierry Breton, le PDG d’Atos. Celui-ci avait été installé à la tête de la SSII en remplacement de Philippe Germond quelques mois après la prise de pouvoir du fonds d’investissement, à la suite d’une lutte épique menée contre les hedge funds Pardus et Centaurus.
Tapi dans l’ombre pendant des mois, PAI s’était révélé au grand jour mi-2008 comme premier actionnaire d’Atos en annonçant détenir 18% du capital du groupe. La participation avait été en partie constituée via l’utilisation d’instruments dérivés souscrits notamment auprès de Nexgen, la filiale de Natixis, dans un montage relativement proche de celui employé par LVMH pour s’inviter au capital d’Hermès.
La sortie partielle de PAI intervient alors qu’Atos a formellement engagé l’opération de mise en Bourse de sa filiale Worldline. La valorisation de cette activité dans les paiements électroniques, estimée aujourd’hui à plus de 2,5 milliards d’euros soit 40% de la capitalisation totale d’Atos, constituait déjà en 2008 l’un des enjeux de la bataille entre actionnaires. PAI en profite aujourd’hui pleinement.
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