PagesJaunes veut accélérer sa mutation après avoir tourné le dos à son LBO
Jean-Pierre Remy va enfin pouvoir faire ce pour quoi il avait été nommé mi-2009 à la tête des Pages Jaunes: accélérer la mutation numérique du groupe d’annuaires. Le dirigeant a en effet consacré l’essentiel de son temps ces derniers mois à gérer la restructuration de la dette de la société héritée de son rachat avec effet de levier en 2006 par KKR et Goldman Sachs.
Aujourd’hui, le processus est quasiment achevé. Le groupe a repoussé à 2015 environ 90% de sa dette. Quant à Médiannuaire Holding, la société de KKR et de Goldman Sachs, elle vient d’obtenir l’accord unanime de ses prêteurs senior et mezzanine, ce qui permettra de mettre en œuvre dans les prochaines semaines son projet de restructuration. Il passera par une transformation des créances en actions PagesJaunes ce qui entraînera une modification profonde du capital du groupe, la plupart des créanciers ne souhaitant pas être actionnaires.
Dans ce contexte, le plan d’accélération de la mutation numérique de PagesJaunes présenté hier par Jean-Pierre Remy vise clairement à améliorer le profil de la société rebaptisée «Solocal» afin d’insister sur son savoir-faire: la publicité locale pour les petites entreprises et les commerçants. En 2015, la part du chiffre d’affaires réalisé sur des supports numériques (ordinateurs, mobiles, tablettes) doit monter à 75% contre 58% en 2012, 52% en 2011 et 48% en 2010, prévoit Jean-Pierre Remy. De nouveaux services de mises en relations entre clients et commerçants seront lancés, notamment autour de la marque Mappy. Jean-Pierre Remy espère également pouvoir déployer le groupe en-dehors de France.
Des ambitions qui n’ont pas convaincu les investisseurs hier. Le titre, qui avait repris plus de 50% en 3 mois, a chuté de 14,18% à 2,24 euros. Le plan de mutation entraînera une réorganisation interne de la société, ce qui nécessitera l’ouverture d’une procédure d’information auprès des instances représentatives du personnel. Surtout, même si elle a été repoussée, la dette nette s’élève toujours à 1,7 milliard, de quoi limiter les capacités d’acquisition de Solocal. Il est donc probable que le groupe doive procéder tôt ou tard à une augmentation de capital.
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