Orange renforce ses fonds propres à bon prix avec de la dette hybride

L’opérateur a placé 2,75 milliards d'équivalents euros de titres subordonnés à un coupon moyen de 4,9% proche du coût moyen de sa dette
Olivier Pinaud
Orange renforce ses fonds propres à bon prix avec de la dette hybride - Photo : Bloomberg
Orange renforce ses fonds propres à bon prix avec de la dette hybride - Photo : Bloomberg  - 

Orange ne regrette pas d’avoir succombé pour la première fois à la tentation de la dette subordonnée perpétuelle. L’opérateur de télécoms a levé 2,75 milliards d’équivalents euros cette semaine, soit plus que les 2,6 milliards de dette obligataire senior placés en 2013. Le tout à des conditions jugées très attractives par Jérôme Berger, le directeur du financement et de la trésorerie d’Orange, malgré un spread moyen de 233 points de base par rapport à de la dette senior.

«Le coupon moyen de 4,9% est proche de celui de notre dette senior (4,83%). La dette perpétuelle étant considérée comme des fonds propres selon les normes IFRS, c’est donc un excellent moyen de renforcer nos capitaux propres à bon prix», indique Jérôme Berger. Même s’il a été réduit ces dernières années, le dividende versé par Orange paie un rendement de 8,7%.

L’opération, initialement calibrée autour de 2 milliards d’euros mais finalement augmentée de 37% pour répondre à un carnet d’ordres de 15 milliards d’euros, permet à Orange de renforcer son bilan et de conforter sa notation de crédit, mise sous perspective négative début janvier par S&P. «Etant notés deux crans en dessous de notre dette senior, les titres subordonnés passeraient automatiquement en catégorie non ‘investment grade’ en cas de dégradation de notre notation, ce qui ferait subir des pertes aux investisseurs. Or, le nombre d’investisseurs intéressés et le montant levé illustrent la confiance dans les fondamentaux opérationnels de l’entreprise et dans le maintien de sa notation», assure Jérôme Berger.

«La structuration en deux devises (euro et sterling) et trois tranches de maturités différentes, 6 ans, 8 ans et 10 ans, offre une diversité et une profondeur de financement adaptées aux investissements d’un opérateur de télécoms», ajoute Laurent Attali, responsable de l’activité DCM chez BNP Paribas, l’un des deux chefs de file de l’émission d’Orange avec Goldman Sachs. La maturité moyenne de la dette obligataire d’Orange est de 9 ans.

Malgré cette première incursion réussie, Orange n’a pas prévu d’ouvrir un programme récurrent d’émission de dette hybride, à la différence d’EDF qui a déjà levé l’équivalent de 10 milliards d’euros en deux fois et qui pourrait revenir sur ce marché à moyen terme.

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