Orange ne réussit pas à endiguer l’hémorragie de ses résultats
Orange digère lentement la concurrence imposée par Free. «C’est bien notre intention d’essayer de stabiliser l’Ebitda au plus vite au cours de l’année 2014. Les équipes travaillent pour essayer de tenir cet objectif mais aujourd’hui, je ne peux pas vous dire qu’il sera tenu». Telle est l’incertitude manifestée hier par le directeur financier d’Orange, Gervais Pellissier, sur les perspectives financières du premier opérateur de télécoms en France, qui subit toujours de plein fouet les répercussions de l’arrivée du quatrième opérateur Free mobile.
A l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, Orange a confirmé son objectif d’atteindre un cash flow opérationnel supérieur à 7 milliards d’euros sur l’exercice 2013, et espère pouvoir faire repartir une partie de ses tarifs à la hausse avec l’essor de la 4G. Un objectif de cash flow déjà réalisé à 86% fin septembre. L’opérateur a en outre confirmé le versement d’un dividende d’au moins 0,80 euro par action au titre de 2013.
Au troisième trimestre, l’excédent brut d’exploitation a chuté de 7% à 3,37 milliards d’euros, et la marge a reculé d’un point à 33,1%. Et ceci malgré la baisse des coûts qui s’est poursuivie à hauteur de 176 millions d’euros sur le trimestre, dont 120 millions en France, pour atteindre 617 millions sur les neuf premiers mois de l’année. Les investissements se sont accélérés à 3,75 milliards d’euros depuis le début de l’année, et représentent désormais 12,2% du chiffre d’affaires, qui a reculé de 4% à 10,2 milliards d’euros, et de 2,4% hors régulation.
Depuis son plus bas atteint le 7 mai, le titre Orange a profité d’une revalorisation du secteur en rebondissant de 50%. Il chutait néanmoins hier de 4% à 10,08 euros, malgré des résultats légèrement supérieurs aux attentes. «Depuis le début de l’année, le PE sectoriel relatif au Stoxx Europe 600 est passé de 82% à 100% dans l’espoir d’une consolidation du secteur ravivé par l’annonce de plusieurs transactions», rappelle CM-CIC.
Alors que la Commission européenne encourage la consolidation transnationale, Orange a indiqué dans son communiqué qu’il «poursuivra une politique d’acquisition prudente et sélective». CM-CIC estime pourtant que «sous la pression concurrentielle de Vodafone, on peut craindre qu’Orange ne soit poussé à des acquisitions risquées dans les pays où il est déjà implanté et n’a pas la taille critique».
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