Oeneo va poursuivre son redressement hors de la Bourse
Introduit en Bourse en 1995, proche de la faillite au début des années 2000, Oeneo va poursuivre sa route en dehors de la sphère cotée. Andromède, la holding de la famille Hériard Dubreuil qui contrôle 37,92% du capital de la société, a déposé le 30 avril un projet d’offre publique d’achat visant le spécialiste de la tonnellerie et des bouchons de vin. DC Advisory conseille l’opération, qui sera menée par le Crédit du Nord et la Société Générale.
L’OPA vise 34,1 millions d’actions ordinaires de la société, à 3,20 euros par titre, et les 52.019 obligations remboursables en actions que l’initiateur ne détient pas encore, à un prix unitaire de 97,31 euros. Andromède se laisse ensuite la possibilité de demander un retrait obligatoire.
A 3,20 euros, l’offre présente une prime de 17,2% sur le dernier cours coté de l’action ordinaire, et de 21,9% sur le cours moyen pondéré des trois derniers mois. Elle valorise l’ex-Sabaté Diosos à 176 millions d’euros. La prime apparaît en revanche nulle par rapport à l’objectif moyen de cours (3,20 euros) des analystes financiers qui suivent la valeur. S’agissant des ORA, la prime offerte atteint 29,6% par rapport au cours des trois dernier mois.
Officiellement, ce prévisible retrait de cote est justifié par la construction d’une nouvelle usine de traitement du liège en France, dont le coût est évalué à 25 millions d’euros. «De tels investissements offrent des objectifs de retour sur investissement à moyen ou long terme, qui l’emportent sur des objectifs de rentabilité à court terme», indique la note d’information, laissant penser que la Bourse n’est plus en mesure de jouer ce rôle de financement de long terme.
L’explication laissait mardi sceptiques certains actionnaires joints par L’Agefi, et dont les objectifs de cours à 18 mois dépassent le prix de 3,20 euros aujourd’hui proposé. Derrière Andromède, Amiral Gestion et Amplegest détiennent respectivement 7,35% et 5,10% du capital.
Avec des coûts de financement au plus bas, le moment est opportun pour retirer Oeneo de la cote. La famille, par ailleurs actionnaire de Remy Cointreau, pourra tirer pleinement les fruits du redressement de la société, engagé avec le passage à la fabrication de bouchon en poudre de liège, et confirmé mardi avec la publication d’une prévision de résultat courant annuel (20 millions d’euros) en hausse.
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