Oberthur veut gagner en flexibilité financière
Oberthur Technologies veut se donner des marges de manœuvre financières. Le numéro deux mondial de la carte à puce, racheté en LBO en 2011 par Advent, a lancé le refinancement complet de ses 630 millions d’euros de dette. Il a débuté hier les réunions de présentation aux investisseurs en vue d’émettre 200 millions d’euros d’obligations high yield, qu’il entend mettre à prix la semaine prochaine.
C’est également la semaine prochaine que le groupe attend les réponses des banques pour un prêt équivalent à 440 millions d’euros, composé d’une tranche en dollars de 372 millions et d’une tranche en euros de 165 millions. Goldman Sachs, JPMorgan et Lloyds coordonnent le refinancement d’un montant total de 640 millions d’euros environ.
Avec des échéances fixées aujourd’hui à 2018 et 2019, Oberthur ne fait pas face à un mur de dette, et les nouvelles lignes (loans et obligations) auront une maturité à peine plus élevée, de 6,5 ans. Le groupe cherche avant tout à gagner en flexibilité dans le cadre du plan stratégique à 3-5 ans défendu par son nouveau patron, Didier Lamouche, arrivé aux commandes au printemps. Alors que l’entreprise ambitionne de doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2016 à 1,8 milliard d’euros, au besoin en rachetant des «briques» technologiques, les clauses contractuelles (covenants) de sa dette LBO lui laissent peu de liberté.
Oberthur cherche donc à lever des prêts dits «cov-lite», dépourvus de clauses contraignantes sur le niveau d’endettement ou la capacité à réaliser des acquisitions, aussi bien sur la ligne en dollars qu’en euros. Si les investisseurs américains sont coutumiers et demandeurs de ce type de papier, les prêts «cov-lite» n’ont refait leur apparition qu’en 2013 sur le marché en euros. Avec succès, d’où la démarche opportuniste d’Oberthur Technologies.
L’émission obligataire du groupe, quant à elle, vise à lui donner accès à une deuxième source de financement qui pourra être sollicitée de manière assez flexible, à travers des abondements de souche, par exemple. Accessoirement, font valoir des proches du dossier, Oberthur pourra ainsi se frotter au marché des émissions publiques et se préparer à ses exigences – dans un premier temps pour la dette, mais pourquoi pas, à terme, en vue d’un éventuel retour en Bourse. Une option qu’Advent peut avoir en tête au vu du brillant parcours boursier de Gemalto.
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