Oberthur cherche à financer ses ambitions dans le fiduciaire
Lancé au printemps, le processus d’ouverture du capital d’Oberthur Technologies est proche d’aboutir. Des négociations exclusives auraient été ouvertes avec le fonds Advent International, indiquaient hier Les Echos, appuyant les indiscrétions publiées la semaine dernière par Bloomberg. La famille Savare, principale actionnaire du groupe de cartes à puce et de documents sécurisés (billets de banque, passeports…), cèderait 60% du capital de son activité numérique. Le montant de l’opération, dirigée par Rothschild, est estimé à environ un milliard d’euros. Ancien actionnaire de Monext, une société de services de paiements électroniques, et détenteur aux côtés de Bain Capital de RBS WordPay, Advent connaît bien ce secteur d’activité. Les différentes parties ne font aucun commentaire.
L’opération ne constitue pas une sortie définitive des cartes à puce de la famille Savare, qui vient d’acquérir le club de rugby du Stade français. Selon le schéma envisagé, celle-ci conserverait 40% du capital ainsi qu’une option pour reprendre éventuellement, à terme, sa participation.
Ce LBO partiel permettrait à la société, qui s’est retirée de la Bourse en 2008 en raison d’une valorisation jugée décevante par l’actionnaire familial, de financer ses projets de croissance dans l’impression de billets. Plus ancien que les cartes à puce, ce secteur reste malgré tout en croissance, en dépit de la concurrence des paiements électroniques. La direction d’Oberthur aime rappeler qu’en 2010, la circulation fiduciaire a progressé de 7% en Europe alors que le volume des paiements électroniques n’a augmenté que de 4%. En 2010, le chiffre d’affaires d’Oberthur dans le fiduciaire a bondi de 34% à 145,7 millions d’euros, contre une hausse de 2,5% pour sa division de cartes à puce, soumise à une forte concurrence.
Oberthur a tenté fin 2010 de s’emparer du britannique De La Rue, premier imprimeur mondial de billets de banque, actuellement dans une passe difficile. Mais, faute d’un accord avec la direction de celui-ci, et faute d’un financement suffisant, le groupe a dû renoncer. Compte tenu de ses récentes déclarations officielles, Oberthur ne peut pas lancer d’offre sur De La Rue d’ici à la fin de l’année. En revanche, rien ne l’empêche de regarder d’autres cibles et d’accélérer son déploiement dans le fiduciaire. Il vient justement de recruter James Hussey, l’ancien directeur général de… De La Rue.
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