Oberthur boucle son refinancement avant de dévoiler son nouveau plan stratégique
Arrivé aux commandes d’Oberthur Technologies en avril 2013 en provenance de STMicro, Didier Lamouche vient de boucler sa première mission: le refinancement de la dette de la société rachetée durant l’été 2011 par Advent. Celui-ci comprend une émission obligataire «high yield» de 190 millions d’euros et un prêt à terme, réparti entre 260 millions d’euros libellés dans la monnaie unique et 206 millions d’euros libellés en dollars. Une structure plus adaptée à la répartition du chiffre d’affaires du numéro deux mondial des cartes à puce. Il a également obtenu une facilité de crédit renouvelable de 88 millions d’euros. Le groupe dispose de 49 millions d’euros de trésorerie. La dette représente plus de 6 fois l’Ebitda, selon Moody’s.
Acheté en plein cœur de la crise de l’euro, Oberthur portait une dette bancaire peu propice à sa croissance. Didier Lamouche a donc voulu profiter de conditions de marché redevenues plus favorables pour assouplir le financement. Le coût moyen de la dette n’a été que très légèrement réduit, pour se situer désormais entre 6% et 7%. La maturité est allongée de trois ans, jusqu’en 2020. Mais surtout, les clauses contractuelles associées à la dette ont été considérablement allégées. Oberthur est la première société européenne à conclure un prêt dit «cov-lite», sans covenants.
Le groupe voit ainsi disparaître une première obligation de remboursement du capital de plusieurs dizaines de millions d’euros initialement prévue pour 2014. «Nous pouvons désormais rembourser la dette à un rythme qui convient mieux à la stratégie», explique Didier Lamouche. Un répit qui doit permettre d’entretenir la relance du groupe. En 2012, le chiffre d’affaires d’Oberthur a baissé de 2% à 870 millions d’euros, pénalisé par les divisions télécoms et identité et malgré la hausse de 8% dans les solutions de paiement. Il a rebondi de 12% au premier semestre 2013, notamment grâce au contrat avec Samsung dans les télécoms, provoquant une légère érosion de la marge d’Ebitda à 13% contre 13,8% au premier semestre 2012.
Le refinancement derrière lui, Didier Lamouche veut maintenant s’attacher à «la redéfinition du plan stratégique en identifiant nos nouvelles sources de croissance ou les activités sur lesquelles nous devons lever le pied». La réflexion devrait être achevée d’ici à la fin de l’année.
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