Numericable se targue de présenter le seul projet industriel valable pour SFR
Numericable ne s’avoue pas vaincu pour le rachat de SFR. Alors que l’irruption de Bouygues sur le champ de bataille avait fait chuter le titre du câblo-opérateur de 21% en 4 séances, jusqu’à un cours inférieur mardi en clôture à celui de son introduction en Bourse en novembre dernier (24,19 contre 24,80 euros), Numericable a repris l’offensive hier en publiant des résultats annuels conformes aux attentes, en confirmant ses objectifs, et, surtout, en clamant la pertinence de son projet d’union inchangé.
«L’avenir des télécoms, c’est la convergence du fixe et du mobile, et non la fusion des opérateurs mobiles en déclin», a lancé dans un entretien aux Echos Patrick Drahi, président d’Altice, le principal actionnaire de Numericable (à 40%). De quoi mettre un terme au plongeon boursier, le titre du prétendant gagnant hier 5,0% à 25,40 euros.
Eric Denoyer, le PDG de Numericable, assure ne pas envisager l’échec d’un projet crédible industriellement et permettant de sécuriser tant l’emploi que l’investissement. «On est dans la création de valeur, pas dans la réduction de coûts», a lancé le dirigeant hier. Si toutefois Numericable devait essuyer un échec, les analystes ne désespèrent pas de son sort. Kepler Cheuvreux envisage ainsi diverses options stratégiques, à savoir un futur rapprochement avec le nouvel ensemble Bouygues-SFR, une fusion avec Iliad, maison-mère de Free, ou le rachat par un groupe international. Ce dernier pourrait être Liberty, selon Oddo, qui cite également Bouygues-SFR en tant qu’acheteur potentiel «à un horizon 1-2 ans» dans le cadre de «la course au très haut débit fixe». CM-CIC Securities de son côté, relevant le jugement de Patrick Drahi selon lequel le projet de son groupe est «parfaitement compatible avec un passage de 4 à 3 opérateurs mobiles», estime que Numericable pourrait un jour «jeter son dévolu» sur le couple Bouygues-SFR.
Pour l’heure, Numericable poursuit sa marche en avant, sous l’impulsion d’investissements destinés à la modernisation du réseau fixe en fibre optique en hausse de 12% en 2013 à 320 millions d’euros (370 millions par an attendus entre 2014 et 2016). Soit près du quart d’un chiffre d’affaires en progression de 0,9% à 1,31 milliard (un indicateur toujours attendu en hausse annuelle de 2 à 5% d’ici 2016). Sur fond de coûts d’acquisition de nouveaux abonnés en hausse de 23%, l’excédent brut d’exploitation ajusté a pourtant cédé 0,5% l’an passé à 616 millions.
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