Numericable aurait la préférence de Vivendi pour le rachat de SFR
Les dirigeants de Vivendi , qui réunit ce vendredi matin depuis 11H un conseil de surveillance sur l’avenir de sa filiale SFR, préfèrent l’offre de rachat déposée par Numericable, concurrente de celle de Bouygues, a affirmé vendredi Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif. « J’ai cru comprendre que les dirigeants de Vivendi ont décidé coûte que coûte de vendre SFR à Numericable », a déclaré Arnaud Montebourg sur la radio Europe 1.
Jeudi 13 mars, le comité spécial chargé par Vivendi d’examiner les offres de reprise de sa filiale mobile SFR a donné sa préférence à Numericable, rapporte l’agence Reuters, citant plusieurs sources. Le ministre, qui a à plusieurs reprises manifesté sa préférence pour l’offre de Bouygues, estime que celle de Numericable, détenue par Patrick Drahi, pose des problèmes fiscaux ainsi que de concurrence dans le domaine du câble. « Il y a un problème fiscal puisque Numericable a une holding à Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d’Amsterdam et sa participation personnelle est à Guernesey et que lui-même réside en Suisse », a ajouté le ministre.
Le conseil de surveillance de Vivendi prévu ce vendredi pour examiner les deux offres déposées pour le rachat de sa filiale de téléphonie fixe et mobile SFR est décisif. La transaction pourrait bouleverser le paysage du troisième plus gros marché des télécoms en Europe. Les discussions se dérouleront sous la houlette de Jean-René Fourtou, président du conseil de surveillance, et de Vincent Bolloré, son successeur. La réunion pourrait déboucher sur l’entrée en négociations exclusives avec l’un des deux candidats. Reste à savoir quelle recomposition sera la plus favorable, entre la convergence du mobile et du fixe, une tendance de fond en Europe, et une offre réduite à trois acteurs dans le mobile avec la perspective d’un renforcement de l’opérateur Free. Pour atténuer les probables réticences de l’Autorité de la concurrence, Bouygues propose en effet un accord clef en main avec le groupe Iliad, maison-mère de Free, auquel il vendrait la totalité de son réseau et des fréquences mobiles, ce qui lui permettrait de récupérer jusqu'à 1,8 milliard d’euros.
Dans un entretien aux Echos, le patron de Free, Xavier Niel, a qualifié Numericable de gros LBO endetté « avec des multiples de cablô-opérateur alors que le mobile sera l’essentiel de l’activité du nouvel ensemble ». Dans son offre améliorée, Bouygues propose de verser à Vivendi 11,3 milliards d’euros en numéraire et de donner au conglomérat français une participation de 43% dans le nouvel ensemble contre 46% précédemment. Le groupe de BTP et de communication espère rapprocher SFR de sa filiale Bouygues Telecom pour créer un nouveau numéro un français du mobile et détrôner l’opérateur historique Orange.
Selon plusieurs sources proches du dossier, Numericable aurait de son côté relevé de 850 millions d’euros la partie en cash de son offre. Le câblo-opérateur offrait jusque-là 10,9 milliards d’euros en numéraire et 32% de l’entité combinée. Le montant du volet en numéraire des offres ainsi que la possibilité pour Vivendi de se désengager facilement et rapidement des télécoms font partie des éléments qui seront déterminants pour la prise de contrôle de SFR.
Reste l’hypothèse d’une volte-face de Vivendi qui pourrait tout aussi bien décider d’abandonner la vente de sa filiale pour poursuivre son projet initial d’introduction en Bourse de SFR car le groupe Vincent Bolloré veut quoiqu’il en soit se recentrer sur le secteur des media.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections. -
La Bourse américaine plie sous le poids de la tech
Le rebond du Nasdaq a fait long feu. Mardi, l’indice à forte composante technologique a accusé une nouvelle chute, après celle de plus de 4% vendredi, la pire depuis avril 2025. L’euphorie sur le secteur des semi-conducteurs atteint ses limites mais la tech est aussi vulnérable aux taux. -
Les méga-IPO hypnotisent Wall Street
Alors que SpaceX sera coté à partir de vendredi 12 juin à Wall Street, et qu’Anthropic et OpenAI ont officialisé leurs projets de cotation, ces introductions en Bourse géantes soulèvent de nombreuses questions, tant sur les performances à venir que leur impact sur le marché.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui