Numericable adapte sa dette à ses projets d’entrée en Bourse
Numericable continue à préparer son entrée en Bourse, attendue dès novembre 2013 si les conditions le permettent. Le câblo-opérateur détenu par les fonds Cinven et Carlyle (37% chacun) aux côtés d’Altice vient d’obtenir l’accord de ses créanciers pour rallonger d’au moins un an la maturité de ses prêts. Sa société-sœur Completel en avait déjà fait de même au début du mois. Pour parvenir à cet «amend-to-extend», dans le jargon des banquiers, l’entreprise a cependant dû offrir des marges supérieures à celles qu’elle avait présentées le 10 juillet en lançant le processus.
Le groupe ciblait quatre lignes d’un montant total de 1,4 milliard d’euros: une tranche B1 de 59 millions d’euros à échéance juin 2014, une tranche C1 de 146 millions à décembre 2015, une tranche B2 de 731 millions à juin 2016 et une tranche C2 de 470 millions à décembre 2017. Entre 73% et 84% des créanciers, selon les lignes, ont accepté de transformer et de repousser la maturité de ces tranches, à décembre 2017 pour les trois premières, et à décembre 2018 pour la quatrième, d’après Bloomberg. Numericable, qui proposait au départ une marge de 475 points de base (contre un coût actuel de 225 à 300 pb + 125 pb d’intérêts capitalisés), a relevé son offre à 500 pb.
L’essentiel des 2,3 milliards d’euros de dette du câblo-opérateur arrive donc désormais à échéance entre 2017 et 2019. Le travail de restructuration du bilan avait débuté l’an dernier par l’émission de trois lignes obligataires 2018 et 2019, d’un montant total de 860 millions d’euros. L’une d’elle, l’obligation à taux variable (FRN) 2018, est assortie d’une option de rachat anticipé le 15 octobre 2013. «Lors de sa conférence avec les investisseurs, Numericable a indiqué qu’il pourrait refinancer cette obligation», notent les analystes crédit de la Société Générale.
Le groupe, qui fait plancher JPMorgan et Deutsche Bank sur sa cotation, a également amendé la documentation juridique de ses contrats dans cette perspective. Une demande acceptée à 95% par les créanciers. En cas d’IPO, les marges de certaines tranches seraient réduites de 25 pb et plusieurs clauses contractuelles (covenants) éliminées. Il faudra pour cela que le levier de l’entreprise tombe sous 4 fois l’Ebitda, alors que la dette nette représentait 5,1 fois l’Ebitda fin 2012.
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