Novartis se voit capable d’effectuer une acquisition à 10 milliards de dollars
Novartis, qui doit débuter cette semaine une revue stratégique de ses activités, songe ouvertement à une acquisition de grande ampleur pour accroître sa taille critique dans certains de ses métiers. Président du conseil d’administration du groupe pharmaceutique suisse depuis le début de ce mois, Joerg Reinhardt, qui connaît bien l’entreprise pour y avoir travaillé pendant 28 ans, estime que celle-ci «serait prête à investir des montants significatifs» si une opportunité de croissance externe très intéressante se présentait. «Je ne pense pas qu’une acquisition de 10 milliards de dollars soit hors de portée», ajoute-t-il, sachant que le groupe a généré un cash flow libre de 3,1 milliards de dollars au premier semestre 2013.
Confronté aux critiques de certains investisseurs qui souhaiteraient un recentrage du portefeuille d’activité de Novartis, Joerg Reinhardt a souligné que le groupe «restera diversifié», jugeant néanmoins qu’une «gestion active du portefeuille fait partie intégrante des orientations stratégiques de l’entreprise». Comprenant cinq grandes divisions (médicaments brevetés, produits génériques sous la marque Sandoz, vaccins et diagnostics, produits ophtalmiques avec Alcon, automédication-santé animale), Novartis souhaite figurer parmi les leaders sur chacun de ces marchés, faute de quoi des cessions d’actifs seront réalisées.
Les analystes de Citigroup estimaient dans une récente note que «toutes les options» sont à envisager pour les vaccins qui ont enregistré des performances décevantes, que les produits OTC (automédication) mériteraient d’être vendus et que la santé animale aurait besoin d’une gestion «plus agressive» pour se hisser au niveau des meilleurs concurrents. Selon des sources proches du dossier, Novartis ne serait désormais plus candidat au rachat du groupe californien Onyx Pharmaceuticals, valorisé 9,2 milliards de dollars, qui cherche à s’adosser à un grand groupe du secteur.
Joerg Reinhardt indique que le renforcement de l’activité OTC prendra du temps et nécessitera le cas échéant plusieurs opérations de croissance externe. Quant à la participation de Novartis dans son homologue bâlois Roche, qui représente environ 10 milliards de dollars, le président du conseil la considère comme «un investissement financier avec un aspect stratégique», ce qui exclut tout changement réalisé dans la précipitation.
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