Nokia Siemens Networks finance sa restructuration à crédit
NSN a obtenu dans des conditions difficiles un prêt de 1,2 milliard d’euros. Le groupe prévoit de supprimer un quart de ses effectifs d’ici à 2013
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Olivier Pinaud
Nokia et Siemens avaient prévenu en septembre 2011: le milliard d’euros injecté à parité au capital de leur filiale commune spécialisée dans les équipements en télécoms serait le dernier. Nokia Siemens Networks (NSN) s’est donc tourné vers ses banques pour assurer son financement alors que le groupe s’est engagé fin 2011 dans un vaste plan de restructuration censé lui faire économiser un milliard d’euros par an d’ici à la fin 2013.
Ce plan, qui prévoit une concentration de l’activité sur les équipements pour les réseaux de téléphonie mobile au détriment du fixe, entraînera la suppression de 17.000 emplois en deux ans, soit un quart de l’effectif total du groupe. Les charges de restructuration totales pourraient atteindre un milliard d’euros, selon les analystes.
NSN a donc obtenu un crédit de 1,2 milliard d’euros, moins qu’espéré. Selon des sources citées par Reuters, le groupe envisageait initialement d’obtenir 300 millions d’euros supplémentaires. Les conditions de marché difficiles et la situation tendue de la société (367 millions de pertes d’exploitation au 30 septembre 2011) ont compliqué l’opération. Les modalités n’ont pas été dévoilées mais, selon le Financial Times, près des deux tiers du crédit auraient une échéance d’un an, le solde ayant été accordé pour trois ans. 14 banques auraient assuré le financement. D’autres établissements pourraient se joindre au syndicat dans un second temps. NSN envisagerait, enfin, de refinancer ce crédit à très court terme sur le marché obligataire dans les prochains mois.
Ce financement obtenu aux forceps confirme les difficultés persistantes du secteur des équipements en télécoms, encore plus depuis quelques mois alors que les opérateurs sont tentés de limiter leurs investissements et donc leurs commandes pour faire face à la crise. Mis à part Ericsson, qui profite de sa position de numéro un mondial dans les réseaux mobiles, tous les équipementiers peinent à autofinancer leur activité. Alcatel-Lucent, à la lutte avec NSN en termes de parts de marché, pourrait encore avoir consommé près de 800 millions d’euros de trésorerie en 2011 avant d’espérer d’atteindre l’équilibre cette année.
L’an dernier, Nokia et Siemens ont tenté de sortir de ce métier. En vain. Les discussions engagés avec les fonds d’investissement n’avaient pu aboutir, obligeant les deux actionnaires à recapitaliser leur filiale.
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