Nokia ne parvient pas à enrayer sa perte de compétitivité
La marge d’exploitation des terminaux devrait être comprise entre 7 et 10 % ce trimestre après 11,3 % entre octobre et décembre 2010
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Yves-Marc Le Reour
Le bénéfice net trimestriel de Nokia a dépassé les attentes des analystes. Mais son repli de 21% à 745 millions d’euros ne peut être une source de réjouissance, alors que celui de son concurrent Apple a progressé dans le même temps de 78% à 6 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros). «Ce résultat a été obtenu grâce à la baisse des coûts marketing qui n’est pas soutenable», juge Alexander Peterc, analyste chez Exane BNP Paribas. Bien que l’action Nokia ait clôturé sur un repli limité de 0,8% à 7,74 euros, elle a perdu jusqu’à 8% en séance. Le directeur général Stephen Elop, arrivé à l’automne dernier, a reconnu que le groupe finlandais était confronté à «des défis significatifs concernant sa compétitivité et sa capacité à réagir à la rapide transformation du marché».
«Ce qui effraie les investisseurs, c’est la perte rapide de parts de marché que Nokia semble avoir subi au quatrième trimestre», commente Nicolas von Stackelberg de Macquarie Research. Sur le segment des «smartphones», sa part de marché est ainsi tombée à 31% en fin d’année contre 38% sur la période de juillet à septembre et 40% au dernier trimestre 2009. Cette perte «est encore plus nette sur le segment des combinés mobiles traditionnels», en raison de la concurrence féroce d’acteurs chinois à bas coûts, ajoute l’analyste. Hors smartphones, les ventes de téléphones du groupe finlandais chutent de 10% sur un an, reculant ainsi pour le deuxième trimestre d’affilée sur un marché en croissance de 12% durant le même temps.
La marge d’exploitation de la branche téléphones, qui s’élevait à 11,3% sur une base non IFRS entre octobre et décembre 2010, est donc attendue par le groupe entre 7 et 10% au premier trimestre 2011, alors que les analystes tablaient sur 10,2%. Les ventes de combinés devraient enregistrer un repli séquentiel compris entre 14% et 20% par rapport aux 8,5 milliards d’euros atteints au dernier trimestre.
La coentreprise Nokia-Siemens dans les infrastructures mobiles ne devrait pas être en mesure de compenser les difficultés du groupe, puisque la marge d’exploitation de cette activité devrait se situer entre -3% et 0% ce trimestre (contre +3,7% au quatrième trimestre 2010), pour des ventes comprises entre 2,8 et 3,1 milliards d’euros. Reste à voir quelles initiatives seront dévoilées lors de la réunion avec les investisseurs qui se tiendra à Londres le 11 février prochain.
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