Nokia ne parvient pas à enrayer sa perte de compétitivité
Le bénéfice net trimestriel de Nokia a dépassé les attentes des analystes. Mais son repli de 21% à 745 millions d’euros ne peut être une source de réjouissance, alors que celui de son concurrent Apple a progressé dans le même temps de 78% à 6 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros). «Ce résultat a été obtenu grâce à la baisse des coûts marketing qui n’est pas soutenable», juge Alexander Peterc, analyste chez Exane BNP Paribas. Bien que l’action Nokia ait clôturé sur un repli limité de 0,8% à 7,74 euros, elle a perdu jusqu’à 8% en séance. Le directeur général Stephen Elop, arrivé à l’automne dernier, a reconnu que le groupe finlandais était confronté à «des défis significatifs concernant sa compétitivité et sa capacité à réagir à la rapide transformation du marché».
«Ce qui effraie les investisseurs, c’est la perte rapide de parts de marché que Nokia semble avoir subi au quatrième trimestre», commente Nicolas von Stackelberg de Macquarie Research. Sur le segment des «smartphones», sa part de marché est ainsi tombée à 31% en fin d’année contre 38% sur la période de juillet à septembre et 40% au dernier trimestre 2009. Cette perte «est encore plus nette sur le segment des combinés mobiles traditionnels», en raison de la concurrence féroce d’acteurs chinois à bas coûts, ajoute l’analyste. Hors smartphones, les ventes de téléphones du groupe finlandais chutent de 10% sur un an, reculant ainsi pour le deuxième trimestre d’affilée sur un marché en croissance de 12% durant le même temps.
La marge d’exploitation de la branche téléphones, qui s’élevait à 11,3% sur une base non IFRS entre octobre et décembre 2010, est donc attendue par le groupe entre 7 et 10% au premier trimestre 2011, alors que les analystes tablaient sur 10,2%. Les ventes de combinés devraient enregistrer un repli séquentiel compris entre 14% et 20% par rapport aux 8,5 milliards d’euros atteints au dernier trimestre.
La coentreprise Nokia-Siemens dans les infrastructures mobiles ne devrait pas être en mesure de compenser les difficultés du groupe, puisque la marge d’exploitation de cette activité devrait se situer entre -3% et 0% ce trimestre (contre +3,7% au quatrième trimestre 2010), pour des ventes comprises entre 2,8 et 3,1 milliards d’euros. Reste à voir quelles initiatives seront dévoilées lors de la réunion avec les investisseurs qui se tiendra à Londres le 11 février prochain.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation atteint un plus haut de trois ans dans la zone euro
Les prix à la consommation ont progressé de 4% sur un an dans la zone euro en octobre, portés par l’énergie. Mais l’inflation sous-jacente reste stable à 2,5%. Malgré l’absence d’effets de second tour, le marché et certains membres de la BCE anticipent une troisième hausse de taux en décembre. -
AM Tech Day Awards : Omphalos Fund est sacré start-up de l’année
Remis à l’occasion de la 17e édition de l’AM Tech Day, qui s’est tenue le 3 novembre au Palais Brongniart, les AM Tech Day Awards ont mis en valeur des entreprises aux profils variés et ont témoigné d’une belle créativité dans l’industrie de l’asset management. -
Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
Une cyberattaque, inédite pour une banque française, a touché Crédit Mutuel Arkéa. La banque évoque une première évaluation en dizaines de millions d'euros volés. L'estimation la plus élevée atteint 133 millions de dollars.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
MidtermsPremier sénateur musulman, ex-bûcheron, médaillé paralympique : les nouveaux visages de la vague démocrate
Portée par le rejet de la politique trumpiste et la colère face à la vie chère, une vague bleue historique balaie les bastions républicains du pays, faisant émerger des visages démocrates jusque-là inconnus -
Tout feu tout flamme
Avant de devenir l’icône du parfum que l’on connaît, Diptyque est née d’un cabinet de curiosités germanopratin, imaginé par trois artistes aux goûts résolument éclectiques. -
« Un freinage est impératif pour sauver la Sécurité sociale »
Pour Olivier Henno, rapporteur général de la commission des affaires sociales du Sénat, voter un PLFSS avec un déficit accru serait irresponsable