Nexans stabilise son actionnariat au bénéfice du groupe chilien Madeco
Madeco a gagné ses galons d’actionnaire de référence de Nexans. Les deux groupes ont en effet signé dimanche, et dévoilé hier, un accord encadrant les conditions de la montée du groupe chilien au capital du spécialiste français des câbles. Cette opération répond à la demande de Madeco, a tenu à préciser Nexans, qui se défend de toute initiative défensive face à la menace d’un prédateur.
Cette annonce se place néanmoins dans la quête d’un actionnariat plus stable de la part de Nexans, comme l’a reconnu le PDG Frédéric Vincent. Il s’agit d’un autre «partenaire loyal et de long terme» aux yeux du dirigeant aux côtés du Fonds stratégique d’investissement (FSI), qui détient 5,1% du capital et n’avait hier «à ce stade aucun commentaire» à formuler sur l’accord, selon un porte-parole. Madeco était d’ores et déjà le principal actionnaire, avec 9% du capital, après son entrée fin 2008 à l’occasion d’un rachat d’actifs.
Concètement, le chilien dispose de dix-huit mois pour porter sa part du capital à 15% (l’accord ayant une durée de dix ans, y compris une période d’engagement de conservation de trois ans, une fois ce seuil atteint), et d’un même délai au-delà pour atteindre 20%. Le renforcement se fera «progressivement» selon Frédéric Vincent, et par tous les moyens disponibles : achats sur le marché, augmentation de capital ou «opportunités» hors marché. Au cours actuel, le coût de l’opération est supérieur à 200 millions d’euros.
Frédéric Vincent s’est réjoui du soutien stratégique et financier qu’est désormais susceptible d’apporter Madeco pour participer à la consolidation du secteur. Une aide qui lui a manqué lors de la récente tentative de prise de contrôle de Draka. L’accord prévoit ainsi la présence de trois représentants de Madeco au conseil d’administration, contre un aujourd’hui. Le renforcement devra être réalisé en deux temps, lors de l’assemblée du 31 mai prochain et dès que le groupe chilien disposera de 15% du capital (l’un des trois représentants devant alors être nommé au comité d’audit). Le projet enfin prévoit la suppression des droits de vote double et la limitation à 20% des droits de vote dans le cadre d’opérations structurantes.
Les analystes ont réservé un accueil favorable à l’accord, gage de confiance dans le potentiel de développement du groupe français. Oddo souligne que Madeco sort du bois à point nommé après le «point bas» atteint par les résultats de Nexans l’an passé.
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