Moncler pourrait valoir près de trois milliards d’euros en Bourse
L’entrée en Bourse de Moncler se précise. Remo Ruffini, le président et directeur artistique du groupe des doudounes de luxe, compter se coter à Milan en fin d’année si les conditions de marché le permettent. Le projet est évoqué depuis de nombreux mois, mais le calendrier restait flou.
En juin 2011, Carlyle avait tenté d’introduire en Bourse le groupe de luxe, mais inquiet de la forte volatilité des marchés, avait finalement préféré céder une partie de sa participation. Eurazeo a alors acquis 45% de Moncler pour 418 millions d’euros, valorisant le groupe 1,2 milliard, sur un ratio de 12 fois l’Ebitda 2010. Aujourd’hui le capital est détenu par Remo Ruffini (32%), Eurazeo (31,2%), Carlyle (18%) et Mittel (5%).
Moncler envisage une petite augmentation de capital lors de cette entrée en Bourse, afin de financer son développement aux Etats-Unis et au Brésil, selon ses déclarations au Financial Times. Déjà présent en Chine, Remo Ruffini se veut prudent : «la Chine est maintenant pour nous un bon marché, mais je veux répartir le risque dans le monde». Le groupe réalise plus d’un tiers de ses ventes en Asie, un tiers en Europe, 24% en Italie et 10% aux Etats-Unis.
En revanche, «je ne veux pas d’investisseurs industriels ou vendre une participation minoritaire », a précisé Remo Ruffini au Wall Street. Contacté par L’Agefi, Eurazeo se refuse à préciser s’il placera tout ou partie de ses titres à cette occasion.
Sur la base d’un ratio de 12 fois l’Ebitda, et d’une dette nette de 239 millions d’euros fin juin, Moncler serait valorisé plus de 2 milliards d’euros, mais avec un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda de 17, soit le ratio actuel de Ferragamo, l’entreprise vaudrait près de 3 milliards. La volonté de se coter est notamment inspirée des succès des récentes cotations de Ferragamo (+150% depuis juin 2011) et de Brunello Cucinelli (+100% depuis avril 2012).
En 2012, Moncler a dégagé un chiffre d’affaires de 630 millions d’euros (+22%), dont 489 millions (+35%) pour la seule marque Moncler. L’Ebitda a bondi de 39% à 170 millions, soit une marge de 27% (+3,2 points). La rentabilité a fortement progressé grâce à la montée en puissance de la marque Moncler (78% des ventes) au détriment du sportswear (22% des ventes), activité non stratégique, dont le chiffre d’affaires a baissé de 10% l’an dernier. Au premier semestre, les ventes ont crû de 10% à 247 millions (+18% pour la marque Moncler).
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