Monceau Fleurs tire le signal d’alarme sur sa situation financière

Le groupe essuiera 20 millions d’euros de pertes cette année. Il a engagé des discussions avec Perceva en vue d’une augmentation de capital
Olivier Pinaud
Monceau Fleurs tire le signal d'alarme sur sa situation financière. Photo: PHB
Monceau Fleurs tire le signal d'alarme sur sa situation financière. Photo: PHB  - 

Monceau Fleurs fait la lumière sur ses comptes. Et tire le signal d’alarme. La chaîne de fleuristes, qui exploite aussi les enseignes Rapid Flore et Happy, devrait essuyer une perte opérationnelle de 6,2 millions d’euros à la clôture des comptes fin septembre. En ajoutant les provisions pour coûts de restructuration et les dépréciations des écarts d’acquisition, la perte annuelle culminera à 20 millions d’euros.

Une dérive importante par rapport au plan d’affaires qui avait été arrêté en mai 2012 lors de l’homologation du plan de sauvegarde par le tribunal de commerce. A court de liquidité, le groupe n’aurait pas pu honorer la première annuité de 300.000 euros prévue en mai dernier. La société ne commente pas au-delà de son communiqué, dont la publication lui aurait été demandée par l’AMF.

Pénalisée par des difficultés informatiques, puis logistiques, l’activité de Monceau Fleurs ne permet plus de faire face au passif, dont le montant s’élève à environ 30 millions d’euros. Celui-ci est essentiellement constitué de dettes obligataires, convertibles, pour environ 17 millions d’euros, et classiques, pour 6,9 millions d’euros. Fin 2012, le groupe a déjà procédé à deux augmentations de capital pour 2,5 millions d’euros, auxquelles a participé à titre personnel Claude Solarz, le vice-président du groupe de recyclage Paprec. Laurent Amar, le fondateur et premier actionnaire du groupe avec 36,86%, avait également fait un apport en compte courant, conformément à ce qui lui avait été demandé dans l’accord du plan de sauvegarde.

Ces opérations devaient «compenser la consommation de cash opérationnel du groupe». Elles n’ont pas suffi. Le fleuriste cherche donc activement à reconstituer ses fonds propres. Des discussions exclusives ont été ouvertes entre Laurent Amar, conseillé par Stéphane Cohen, associé chez Wingate, et la société d’investissement Perceva. Compte tenu de son passif, Monceau Fleurs aurait besoin d’un apport en fonds propres de l’ordre de 15 millions d’euros. Perceva ne fait aucun commentaire.

Si elle aboutit, l’arrivée de Perceva entraînera des offres sur les différents instruments financiers de Monceau Fleurs, actions (Alternext) et obligations. Le groupe avait placé pour 7 millions d’euros d’obligations en 2010. L’opération était l’une des premières émissions d’une PME ouvertes au public. Elles sont aujourd’hui entre les mains de huit investisseurs institutionnels.

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