Molson Coors offre à CVC un excellent prix de sortie pour son brasseur StarBev
Le monde de la bière continue de se concentrer. Le brasseur américain Molson Coors a trouvé un accord avec CVC Capital Partners pour lui racheter StarBev, un producteur de bière essentiellement présent en Europe centrale. Le montant total de l’opération s’élève à 2,65 milliards d’euros, soit 11 fois l’excédent brut d’exploitation 2011 de la cible (241 millions d’euros). Un multiple près de 3 points supérieur à celui de Molson Coors, mais ce dernier souffre d’un déficit de vente dans les régions en croissance, ses principaux marchés restant l’Amérique du Nord et la Grande-Bretagne.
Le rachat de StarBev doit permettre à Molson Coors de combler une partie de cette lacune. Le brasseur d’Europe centrale réalise 700 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, principalement en République tchèque, en Serbie, en Croatie et en Roumanie. Cette opération augmentera de 27% les volumes produits chaque année par Molson Coors. Le brasseur du Colorado prévoit de générer 50 millions de dollars de synergies d’ici à 2015. Il génère 19% de marge d’Ebitda par an contre 30% pour StarBev.
L’opération sera financée pour partie en cash et pour partie en dette. Molson Coors va notamment émettre 500 millions d’euros d’obligations convertibles, à coupon zéro, au bénéfice du vendeur. La date d’échéance est fixée au 31 décembre 2013, à un cours de l’action Molson Coors de 51,68 dollars. Hier, elle cotait un peu plus de 44 dollars. La conversion donnerait à CVC environ 8% du capital de Molson Coors. Le financement sera arrangé par Morgan Stanley et Deutsche Bank, deux des trois conseils de Molson Coors avec Barclays. Nomura épaulait CVC et Starbev.
Le fonds d’investissement avait acquis StarBev en 2009 pour 1,7 milliard d’euros en valeur d’entreprise (dont 1,2 milliard en fonds propres) auprès d’AB InBev. Ce dernier, né de la fusion entre Anheuser-Busch et InBev, cherchait alors à céder des actifs pour alléger la facture du rapprochement (52 milliards de dollars). Le numéro un mondial de la bière disposait d’un droit de première offre lui permettant de racheter StarBev auprès de CVC. D’autres brasseurs étaient également sur les rangs. Mais Molson Coors a été le mieux-disant.
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