Microsoft fait profil bas dans les services en ligne en dépréciant aQuantive
Microsoft perd de sa superbe. Le géant américain du logiciel informatique a concédé hier soir que sa diversification dans les services en ligne ne produisait pas les effets escomptés. Symbole de cette déconvenue, la charge comptable de 6,2 milliards de dollars qui sera enregistrée au titre du trimestre clos à fin juin, le dernier de l’exercice fiscal du groupe, liée à la dépréciation d’aQuantive, une agence de publicité sur internet acquise en 2007. Pour 6,3 milliards de dollars. Autant dire qu’en termes de pépite, Microsoft transforme de la sorte l’or en plomb. «L’acquisition n’a pas accéléré la croissance au rythme espéré, d’où la dépréciation», a indiqué le groupe américain.
Pis, Microsoft a reconnu hier encore que les perspectives de croissance et de rentabilité de l’ensemble de ses services en ligne, qui incluent le moteur de recherche Bing et le portail internet MSN, seraient «inférieures aux précédentes estimations». Le groupe n’a comme à l’accoutumé pas transmis de précisions chiffrées concernant les anciennes ou les nouvelles prévisions. Faute d’avoir atteint une taille suffisante et en dépit d’une progression de ses parts de marché, Bing est en pertes sous le coup d’importants investissements.
Microsoft avait acquis aQuantive il y a cinq ans, alors sa plus coûteuse opération de croissance externe (dépassée depuis par celle de Skype en 2011 pour 8,5 milliards de dollars), afin de rattraper un bout de terrain face à Google sur le prometteur marché de la publicité liée aux recherches sur internet. Google s’était alors emparé de DoubleClick.
Ces nouvelles pourtant n’ont entraîné qu’une réaction boursière très mesurée, le titre Microsoft cédant en soirée 1% environ dans le cadre des échanges électroniques. De quoi mettre en lumière la désillusion déjà ressentie par les opérateurs avant l’annonce officielle de Microsoft sur les promesses de ses activités internet. Le résultat du trimestre écoulé était pourtant attendu à 5,25 milliards selon le consensus Reuters. Sur neuf mois à fin mars, la perte opérationnelle des services en ligne restait importante à 1,45 milliard de dollars bien qu’en baisse de près de 500 millions, cela pour un chiffre d’affaires en progrès de 11% à 2,13 milliards.
Dans une note interne, le directeur général Steve Ballman et le patron de l’activité de service en ligne Qi Lu que la «décision comptable» de dépréciation ne remettait nullement en cause la volonté de Microsoft d’assurer un avenir radieux à cette activité.
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