Microsoft débourse 16 milliards de dollars pour acquérir Nuance
Le géant américain de l’informatique casse sa tirelire. Microsoft a annoncé lundi l’acquisition de la société d’intelligence artificielle et de technologie vocale Nuance Communications pour environ 16 milliards de dollars (13,4 milliards d’euros) en numéraire. La firme de Redmond réalise ainsi la deuxième plus grosse acquisition de son histoire, cinq ans après avoir mis la main sur le réseau social professionnel LinkedIn pour 26,2 milliards de dollars.
Dans les détails, Microsoft a présenté une offre à 56 dollars par action Nuance, ce qui représente une prime de 22,86% par rapport au dernier cours de clôture du groupe, vendredi 9 avril.
Au total, la transaction est évaluée à 19,7 milliards de dollars, en incluant la dette nette de Nuance, précisent les deux sociétés dans un communiqué commun.
Mark Benjamin restera le directeur général du groupe et sera sous les ordres de Scott Guthrie, vice-président exécutif de la division Cloud & AI chez Microsoft, a indiqué la société.
Preuve de l’appétence des investisseurs pour l’opération, l’action Nuance progressait de 17% dans la journée, à 53,33 dollars. Le groupe apitalise 15,22 millliards de dollars. L’imminence de l’opération avait été dévoilée par l’agence Bloomberg dimanche.
Partenaire technologique dans la santé
L’opération est stratégique pour Microsoft. Le groupe renforce ainsi ses activités dans la santé, où il veut s’imposer comme partenaire technologique de premier plan, et compte profiter du dynamisme des services de télémédecine, dont les usages ont été dopés depuis un an avec la pandémie.
Il y a six mois, Microsoft avait déjà inauguré un nouveau service de stockage de données (cloud) ciblant les entreprises du secteur de la santé, Microsoft Cloud Healthcare.
« Nuance apporte ses connaissances en matière d’intelligence artificielle aux prestations des soins de santé », a déclaré le directeur général de Microsoft, Satya Nadella, dans un webcast avec les investisseurs lundi. Tout en précisant que les solutions de Nuance sont utilisées par « 77% des hôpitaux américains ».
Nuance, basée à Burlington (Massachusetts), créée en 1994, a été avant-gardiste en développant une technologie de reconnaissance vocale, qui a aidé au lancement de Siri, l’application de commande vocale d’Apple.
La société, qui a totalisé 1,5 milliard de dollars de revenus en 2020, a opéré depuis trois ans un virage vers le secteur de la santé, tout en vendant ses activités les moins rentables.
Plus d'articles du même thème
-
L’horizon des coûts de financement des entreprises s’assombrit
Deux tiers des trésoriers constatent déjà un durcissement, selon l’enquête AFTE / Rexecode / Meti. -
Avec la facturation électronique, le sursaut des banques face aux fintechs se généralise
Le Crédit Agricole confirme le mouvement des banques vers la facturation électronique avec Kolecto, qui permet d'offrir cette prestation à ses clients. Elles veulent protéger leurs parts de marché auprès PME et TPE, voire mener une offensive. -
Malgré la hausse de l'inflation, la Banque d'Angleterre maintient son taux à 3,75%
La banque centrale britannique anticipe désormais une inflation à 4% début 2027 ce qui pourrait l'obliger à durcir sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La nouvelle direction de Sanofi va devoir sortir du marasme la R&D du groupe
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La BCE attise la flambée des taux
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
Contenu de nos partenaires
-
« Je suis député malgré moi » : comment ce maire rural s’est retrouvé à l’Assemblée nationale… sans le savoir
Après une improbable confusion juridique, le député Liot Harold Huwart a été remplacé par le maire d’une petite ville d’Eure-et-Loir qui l’a appris avec plusieurs semaines de retard. -
Le Cercle des initiésLa Société Générale à l’heure du deuxième souffle
Slawomir Krupa passe sa confirmation. Le directeur général de la Société Générale dévoilera ce 21 septembre à Londres son deuxième plan stratégique, dans des conditions bien différentes de celles qui avaient entouré le premier, il y a trois ans tout juste. A l’époque, fraîchement propulsé à la tête d’une banque en plein marasme, le quadragénaire avait déçu les espoirs que sa nomination avait suscités. L’action avait plongé de 12% le jour de la présentation de ses objectifs, jugés peu ambitieux, puis passé une bonne année à languir faute de résultats probants. -
La Fabrique de l'OpinionJean Tirole et Karine Van der Straeten : « Les Européens développent une aversion au risque considérable »
Jean Tirole et Karine Van der Straeten : « Nous avons trop longtemps pensé qu'on pouvait continuer à vivre dans une économie de rattrapage. Ce n'est plus le cas parce que les ruptures technologiques changent de nature »