Michelin retient une décote qui lui laisse peu de marge de manœuvre
Pour lever 1,2 milliard d’euros avec l’aide de BNP Paribas, Citi, CA CIB, HSBC, JPMorgan, Lazard-Natixis, SG CIB et RBS, Michelin a choisi de placer le curseur à 45 euros l’action. Cette opération avec DPS se fera à raison de 2 actions nouvelles pour 11 détenues, avec une souscription du 30 septembre au 13 octobre.
Il résulte de ces modalités une dilution brute du capital de 15,4%. Quant à la dilution réelle (pour un actionnaire visant une opération blanche), elle est selon nos calculs de 11,1% au cours de lundi (65,26 euros). Avec la chute du titre hier (-10,2% à 58,6 euros), elle atteint même les 12,3% (voir graphique). De fait, si le DPS pouvait être estimé à 3,12 euros au cours de lundi, il ne vaut plus maintenant que 2,09 euros.
Bien entendu, pour limiter la dilution, la solution est d’émettre à un prix un peu plus élevé. Mais l’augmentation de capital avec DPS requiert un savant dosage. Car une décote faible par rapport à la volatilité du marché fait peser un risque sur l’opération en cas de baisse de l’action.
D’ailleurs, il convient de noter que si la décote sur le cours ex-droit de Michelin (27,6% au cours de lundi) reste supérieure à la volatilité ambiante (20% à 25% sur le marché parisien), elle laisse peu de marge. D’autant qu’au cours d’hier soir, la décote sur cours ex-droit n’était déjà plus que de 20,4%. En cas de sousbresauts sur le marché, l’opération pourrait donc devenir compliquée. «C’est plutôt tendu, confirme un observateur. Habituellement, on est plutôt à 30-35% de décote». Mais le groupe n’a visiblement pas voulu fixer une décote plus forte, qui en contrepartie d’une plus grande sécurité aurait accru la dilution.
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