Merck solde finalement l’héritage du Vioxx pour 950 millions de dollars

Le Département américain de la Justice a dévoilé un accord mettant un terme aux poursuites suite à une mauvaise utilisation de l’anti-inflammatoire
Benoît Menou

Merck tire un trait sur le sulfureux passé de son ancien médicament vedette, l’anti-inflammatoire Vioxx. Ce dernier avait été retiré du marché en 2004 après avoir été accusé d’être lié à des risques cardiaques. Hier soir, le Département américain de la Justice a annoncé la fin des poursuites par la puissance publique à l’encontre du laboratoire. Selon l’accord, Merck versera 950 millions de dollars (321,6 millions au pénal et 628,4 millions au civil), l’équivalent de 705 millions d’euros, sans pour autant avoir à reconnaître de mauvaises pratiques. Le gouvernement fédéral empochera 426 millions de dollars, le solde étant destiné à différents Etats.

Merck avait déjà enregistréen provisions il y a un an, en octobre 2010, le coût de cet accord, pour un montant d’ailleurs strictement identique. L’annonce d’hier soir a le grand mérite de mettre fin à une incertitude pour le laboratoire, après que celui-ci a accepté dès 2007 de verser quelque 4,85 milliards de dollars pour mettre un terme aux plaintes déposées par des milliers d’anciens utilisateurs du Vioxx.

Le Département de la Justice avançait que Merck avait préconisé l’utilisation du médicament pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde avant d’en avoir reçu l’autorisation par la Food and Drug Administration (FDA), l’autorité américaine du médicament. Au sein du communiqué du ministère, son procureur général adjoint pour les affaires civiles, Tony West, a tenu à assurer que «nous n’hésiterons pas à poursuivre ceux qui ne respectent pas le processus d’approbation des médicaments et qui diffusent des messages trompeurs quant à la sécurité et à l’efficacité de leurs produits». Une volonté de maintenir la vigilance partagé par Carmen Ortiz, procureure à Boston à la pointe des procédures menées contre Merck, qui a estimé que «l’issue trouvée aujourd’hui reflète de manière appropriée le caractère répréhensible du comportement de Merck».

Merck a en outre accepté dans le cadre de l’accord de se soumettre à un programme de contrôle de son «intégrité» passant par une supervision accrue de ses pratiques en termes de marketing. Le laboratoire a souligné que la puissance publique n’avait pas relevé de preuve d’une implication de la direction générale concernant une mauvaise utilisation du Vioxx.

En 2003, ce médicament avait engendré un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dollars.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...