Merck se positionne sur le marché porteur des antibiotiques
Le laboratoire rachète le groupe américain Cubist Pharmaceuticals pour 8,4 milliards de dollars en numéraire.
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Bruno de Roulhac
Merck mise sur les antibiotiques. Le laboratoire américain s’offre son compatriote Cubist Pharmaceuticals pour 8,4 milliards de dollars (6,8 milliards d’euros), soit une valeur d’entreprise de 9,5 milliards de dollars avec la dette. Dans le cadre de cette opération amicale approuvée à l’unanimité par les deux conseils, Merck propose 102 dollars par action en numéraire, soit une prime de 37% sur le cours de vendredi dernier.
Neutre sur le bénéfice par action 2015, cette opération apportera 1 milliard de dollars additionnel au chiffre d’affaires de Merck l’an prochain.
Conseillé par JPMorgan et Deutsche Bank, Merck financera cette acquisition par sa trésorerie disponible et par de la dette nouvelle, sans en préciser le montant et les conditions. Cubist est conseillé par Morgan Stanley et Goldman Sachs.
En 2013, Cubist a dégagé un chiffre d’affaires de 1,1 milliard de dollars, en hausse de 14%, pour un résultat d’exploitation de 190 millions, en chute de 31%. Sur le seul troisième trimestre 2014, ses revenus ont progressé de 16% à 309 millions de dollars, grâce à la hausse de 12% des ventes de son antibiotique Cubicin pour le traitement des infections de la peau, qui pesait 83% du chiffre d’affaires du trimestre. Au-delà de ce blockbuster, Cubist mise sur ses nouveaux produits, notamment Sivextro, qui vient de recevoir l’agrément des autorités sanitaires américaines. D’ici 2020, Cubist compte introduire quatre nouveaux médicaments pour combattre les infections bactériennes résistante aux autres traitements en raison de leur surutilisation.
La combinaison de l’expertise de Cubist avec celle de Merck «nous permettra de créer une forte position dans les soins hospitaliers intensifs, tout en nous positionnant sur des segments importants où les besoins médicaux ne sont pas satisfaits, comme la résistance aux antibiotiques», explique Kenneth C. Frazier, PDG de Merck. Ce secteur est un des quatre axes stratégiques du laboratoire américain, aux côtés des vaccins, du diabète et de l’oncologie.
Ce marché hospitalier, évalué à 60 milliards de dollars, croît deux fois plus vite que le marché de l’industrie pharmaceutique, et représente un quart des dépenses globales de santé, précise l’acquéreur. Sur ce segment hospitalier, les ventes de Merck ont progressé de plus de 10% en un an à fin septembre 2014. En juin dernier, Merck s’était déjà offert le laboratoire américain Idenix Pharmaceuticals pour 3,85 milliards de dollars.
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