McGraw-Hill scinde ses livres pour revaloriser ses services financiers
McGraw-Hill a cédé à la pression de ses actionnaires. La direction du groupe américain, maison mère notamment de l’agence Standard & Poor’s, a confirmé hier un projet de scission visant à coter séparément l’activité d’édition de livres scolaires. L’opération, qui n’engendrera pas de taxe pour les actionnaires, devrait être achevée d’ici à la fin de 2012. Elle sera précédée d’une accélération du programme de rachats d’actions d’un milliard de dollars, dont la moitié a déjà été réalisée.
«Après une analyse approfondie, le conseil d’administration a estimé que la création de ces deux sociétés indépendantes constitue le moyen le plus efficace pour générer plus de valeur pour nos actionnaires», explique Harold McGraw, directeur général du groupe, et arrière petit-fils du fondateur. Il est conseillé pour l’occasion par Evercore Partners et Goldman Sachs.
Depuis plusieurs mois, le hedge fund Jana Partners et le fonds de pension canadien Ontario Teachers pressent la direction de McGraw-Hill de prendre les mesures nécessaires pour revaloriser la société, distancée par son concurrent Moody’s, dont le cours de Bourse a gagné 17% depuis le début de l’année, quasiment trois fois plus que celui de McGraw-Hill. En août, Jana Partners et Ontario Teachers sont montés de concert à 5,2% du capital, ce qui fait d’eux les premiers actionnaires de la société devant la famille McGraw (4,7%). Impatients, alors que la direction du groupe réfléchissait depuis la fin de l’année dernière à différentes options, les deux actionnaires réclamaient il y a quelques semaines un découpage en quatre morceaux de McGraw-Hill. La scission sera finalement moins radicale mais devrait permettre de réduire d’un milliard de dollars les coûts de fonctionnement du groupe, indique la direction.
En scindant une activité qui doit générer cette année 2,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires, McGraw-Hill espère se revaloriser. Car, si sa division de services financiers, qui intègre S&P, affichait l’an dernier une marge opérationnelle de 38%, celle de l’édition de livres scolaires plafonnait à 15%. L’opération était bien perçue hier par les marchés. Selon une étude de Citigroup, les scissions sont relativement efficaces. Sur un échantillon de 349 opérations étudiées entre 2002 et 2007, les entreprises américaines affichaient un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda de 10,2 fois après scission, contre 8,4 fois auparavant.
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