Manchester United se tourne vers le NYSE pour satisfaire ses ambitions

Le club prévoit de lever 100 millions de dollars lors de l’IPO dont ni la date, ni le prix ni le nombre d’actions offertes n’ont été indiqués
Patrick Aussannaire

Manchester United (MU) a-t-il les moyens de ses ambitions? Après avoir envisagé une introduction sur la Bourse de Hong Kong puis annulé une IPO à Singapour l’an dernier pour cause de volatilité excessive des marchés, le club mythique de football anglais a finalement officiellement choisi le New York Stock Exchange comme place de cotation. La famille américaine Glazer, propriétaire du club ainsi que d’une équipe de football américain, cherche à lever 100 millions de dollars à l’issue de cette opération, orchestrée par Jefferies, accompagné de Credit Suisse, JPMorgan, Bank of America et Deutsche Bank en tant que souscripteurs.

Un niveau bien inférieur à celui initialement visé à Singapour qui sème le trouble sur le niveau de valorisation du club. Morgan Stanley, qui faisait partie de l’opération prévue à Singapour, ne participera pas à l’introduction sur le NYSE. Selon le Financial Times, la banque américaine aurait été écartée car elle jugeait les ambitions de valorisation de la famille Glazer irréalistes. En revanche, Jefferies, qui n’a jamais dirigé une opération similaire de plus de 250 millions de dollars selon Dealogic, aurait convaincu les propriétaires qu’une IPO aux Etats-Unis leur permettrait d’atteindre leurs objectifs de valorisation.

D’autant que les documents remis à la SEC hier soir ne contiennent ni la date, ni le nombre d’actions offertes ni le prix ciblé. Les propriétaires espéraient initialement un niveau de valorisation de 2 milliards de livres. Des espoirs douchés notamment par Jim O’Neill, chef économiste chez Goldman Sachs et grand supporter de MU, qui avait tenté de racheter le club en 2010 pour un milliard de livres, tout en concédant que sa valeur réelle était nettement inférieure à cette somme.

Le club a vu son résultat courant progresser de 32% à 15,7 millions de livres sur les neuf mois allant jusqu’à fin mars et son chiffre d’affaires de 6,1% à 246 millions, mais il accumulait 423,3 millions de dette héritée de son rachat sous LBO en 2005 pour 790 millions.

Si le club cherche la sécurité, le succès de l’IPO est loin d’être garanti, notamment après les déboires rencontrés par Facebook il y a seulement deux mois. D’autant que la famille Glazer compte garder la mainmise sur le club, en conservant les actions de catégorie B, ce qui lui assurera 67% des voix au sein de l’assemblée des actionnaires. Et la société indique ne pas prévoir de payer un dividende sur les actions de catégorie A cotées «dans un futur proche».

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...