L’ouverture du capital de la Française des Jeux n’est pas à l’ordre du jour
La Française des Jeux (FDJ) a bien encaissé l’ouverture à la concurrence des paris sportifs et des jeux en ligne. Malgré l’afflux de nouveaux acteurs, les ventes annuelles du groupe ont progressé de 5,5% pour monter à 10,55 milliards d’euros. «Notre modèle de jeu est solide», se félicite Christophe Blanchard-Dignac, le PDG de la loterie. D’une part, la FDJ a profité de l’effervescence autour des paris en ligne. ParionsWeb, le site de paris sportifs du groupe, a dégagé 91 millions d’euros de revenus l’an dernier, 112% de plus qu’en 2009. Surtout, le monopole du groupe sur les loteries et les jeux de grattage, reposant sur un réseau de distribution de 35.800 points de vente, représente un confortable matelas d’activité: 9,4 milliards d’euros de ventes en 2010 (+2,1%).
Les résultats de la FDJ seront arrêtés au mois de mars. Christophe Blanchard-Dignac rappelle que l’intégralité des bénéfices sera reversée en dividendes aux actionnaires. L’an dernier, avec ses 72% au capital, l’Etat français a touché un peu plus de 60 millions d’euros de dividendes sur les quelque 92 millions distribués.
En bonne santé et pas endettée, «la FDJ a les moyens de financer son développement», assure Christophe Blanchard-Dignac. Le groupe prévoit d’investir 170 millions d’euros d’ici à 2015 pour accélérer l’utilisation des outils électroniques et du numérique dans les points de distribution mais aussi pour renforcer l’offre sur Internet.
Dans ce contexte, et compte tenu des incertitudes réglementaires persistantes sur le secteur, le projet d’introduction en Bourse de l’entreprise un temps envisagé a été mis en sommeil. «Une opération de croissance externe de taille pourrait justifier d’élargir le capital. Mais, encore détenues par leurs Etats, les grandes loteries nationales ne sont pas à vendre», indique à L’Agefi Christophe Blanchard-Dignac. L’an dernier, le britannique Camelot, qui réalise environ 6 milliards d’euros de ventes, a été racheté par le fonds de pension canadien Ontario Teachers’ Pension Plan pour un montant de 389 millions de livres (450 millions d’euros). Après avoir regardé le dossier, en partenariat avec un investisseur financier, la FDJ a finalement renoncé.
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