L’offre de Coty sur Avon séduit peu malgré l’appui de Warren Buffett
Prix relevé, soutien financier prestigieux, ultimatum. Coty fait monter la pression sur la direction d’Avon, toujours peu encline à ouvrir des négociations de rachat. Dans une lettre adressée au conseil d’administration d’Avon, et rendue publique par la direction de ce dernier, Bart Becht, le président de Coty, donne au groupe de cosmétiques américain jusqu’au 14 mai pour accepter une entrée en discussions, après plus de deux mois de contacts infructueux. Un nouveau refus serait fatal à sa proposition, prévient le président du fabricant de parfums et de produits de beauté sous licence (Adidas, Lady Gaga, Beyoncé...). Le conseil d’administration d’Avon lui a répondu qu’il étudiera la lettre en temps voulu.
Malgré cette pression, la nouvelle direction d’Avon pourrait vouloir gagner du temps. D’une part, la revue stratégique récemment engagée n’est pas achevée. D’autre part, à environ 11 fois l’excédent brut d’exploitation, l’offre de Coty offre peu de prime par rapport à la valorisation du secteur. Enfin, le marché continue de douter de la proposition de Coty, trois fois plus petit qu’Avon. Malgré le relèvement du prix à 24,75 dollars par action, contre 23,25 dollars, le cours d’Avon reste inférieur de près de 3 dollars.
Coty a néanmoins étayé cette fois la crédibilité de son offre, dont le prix total s'élève à 10,65 milliards de dollars, soit 11% de mieux que lors des premières avances de mars. En plus du fonds BDT Capital Partners, soutien d’origine, Coty est désormais épaulé financièrement par Berkshire Hathaway, la société d’investissement de Warren Buffett. Le groupe privé allemand Joh. A. Benckiser, principal actionnaire de Coty, a également renforcé ses moyens d’intervention en cédant mercredi pour 2 milliards de dollars d’actions du britannique Reckitt Benckiser. Enfin, comme annoncé initialement, JPMorgan assurera le financement bancaire.
La direction de Coty assure qu’il ne lui faudrait que quelques semaines pour mener à bien les audits nécessaires afin de se faire une idée plus précise de la valeur d’Avon et des synergies potentielles. Et pourquoi pas relever encore le prix de l’offre. Dans sa lettre, Bart Becht ne manque pas de rappeler ses interrogations sur le bon fonctionnement des pratiques anticoncurrentielles d’Avon, alors que le groupe fait l’objet d’une enquête de la Securities and exchange commission (SEC). Il voudrait également faire la lumière sur la répartition des frais de fonctionnement du groupe.
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