L’Italie se prépare à passer de quatre à trois opérateurs mobiles
L’Italie pourrait être le prochain grand marché européen des télécoms à passer de quatre à trois opérateurs mobiles. Objet de rumeurs récurrentes, le projet de rapprochement entre Wind et 3 Italia, les filiales respectives de VimpelCom et Hutchison, prend un tour plus concret. Le groupe contrôlé par le Russe Mikhail Fridman et celui du milliardaire Li Ka-shing ont officialisé mercredi l’existence de discussions afin de créer une société commune détenue à 50/50.
«Il n’y pas d’assurances qu’un accord puisse être signé, et toute transaction serait sujette, entre autres, à l’atteinte d’un niveau de dette satisfaisant et à l’obtention de toutes les autorisations nécessaires», précise un communiqué de VimpelCom. Le 12 mai, Bloomberg révélait que les deux groupes auraient déjà trouvé un terrain d’entente sur la gouvernance de l’entité issue du rapprochement des deux opérateurs. Maximo Ibarra, l’actuel patron de Wind, âgé de 46 ans, prendrait la direction du futur ensemble, tandis que Vincenzo Novari, celui de 3 Italia, superviserait toutes les activités de Li Ka-shing dans la péninsule, qui vont du transport maritime jusqu’aux parfums.
Wind et 3 Italia revendiquent aujourd’hui les troisième et quatrième places du marché mobile italien, derrière Telecom Italia et Vodafone. La filiale de VimpelCom a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros pour un résultat opérationnel de 1,8 milliard, contre 1,73 milliard et 248 millions respectivement pour 3 Italia. Ensemble, les deux opérateurs contrôleraient un tiers du marché, mais le changement d’approche de Bruxelles vis-à-vis de la concurrence dans le secteur des télécoms leur laisse de l’espoir. Le passage de quatre à trois opérateurs a déjà été autorisé en Allemagne, en Irlande et en Autriche, moyennant des concessions. Anticipant une moindre pression sur les tarifs en cas de consolidation, l’action Telecom Italia a repris 3,5% sur ses plus bas en séance mercredi.
Les négociations sur la structure financière seront cruciales. Wind était lesté d’une dette nette de 10,6 milliards d’euros fin 2014, avant la cession de ses tours télécoms, soit 5,9 fois l’Ebitda. Son actionnaire veut garder une exposition à l’Italie, vu la situation de l’économie russe. Plutôt porté jusqu’à présent sur les acquisitions, Hutchison vient de racheter O2 à Telefonica outre-Manche et présente lui aussi un bilan plus tendu. D’où l’intérêt pour les deux parties de négocier un accord à 50/50.
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