L’investissement des entreprises pâtit en France d’un autofinancement insuffisant
Après le rebond de 2010-2011, la rechute de l’investissement des entreprises non financières attendue cette année par l’Insee (-0,3%) témoigne de la persistance de surcapacités de production que le contexte de faible croissance ne devrait pas permettre de réduire. «Le taux d’utilisation des capacités productives s’établit à 80,9%, un niveau inférieur à celui de 2011», relève l’institut dans sa dernière note de conjoncture. Ce taux est également bien en-dessous du pic de 90% atteint à la fin de l’an 2000. Si les dépenses de construction sont attendues en légère croissance en 2012 grâce à un effet de rattrapage dans les travaux publics, le repli de la formation brute de capital fixe (FBCF) atteindrait 4,5% dans les produits manufacturés.
Outre la tension insuffisante sur l’appareil de production, ce ralentissement de l’investissement s’explique par une faible rentabilité du capital et des conditions de financement nettement dégradées depuis fin 2011, ce qui conduit les entreprises, particulièrement les PME, à différer la mise en œuvre de certains projets d’expansion. L’accès au crédit est d’autant plus important pour les entreprises françaises que leur capacité d’autofinancement a fortement chuté au cours des deux dernières années, contribuant ainsi à creuser l’écart déjà visible avec le reste de la zone euro (cf. graphique).
Comme l’industrie a généré environ la moitié des gains de productivité réalisés dans l’ensemble de l’économie sur la période 2000-2010, «la fragilisation du potentiel d’investissement des entreprises industrielles vient menacer un vecteur-clé de la croissance de l’ensemble de l’économie», souligne donc Denis Ferrand, directeur général de COE-Rexecode dans une note récente sur la compétitivité de la France.
{"title":"","image":"78469»,"legend":"AUTOFINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
La compagnie aérienne américaine low cost Spirit Airlines cesse ses activités
Fortement affectée par la hausse des prix du kérosène, l’entreprise américaine a annulé tous ses vols. Elle avait déjà déposé son bilan à deux reprises en 2025. En 2024, la firme employait près de 11 000 personnes -
Le retrait de 5 000 soldats américains d’Allemagne était « attendu » par Berlin
Vendredi 1er mai, les Etats-Unis ont annoncé le retrait d'environ 5 000 militaires d’Allemagne d’ici à un an. Washington envisage aussi une réduction des forces américaines en Italie et en Espagne -
Trump veut augmenter les droits de douane à 25 % sur les véhicules importés aux Etats-Unis depuis l'UE
Se disant mécontent de voir l’UE ne pas respecter l’accord commercial conclu l’été dernier, Donald Trump a menacé de relever à 25 % les droits de douane sur les véhicules importés aux Etats-Unis. Et ce, dès la semaine prochaine