L’industrie française de l'énergie se déchire pour l'éolien en mer

EDF face à GDF Suez, Alstom face à Areva: les recettes promises par l’appel d’offres pour deux champs offshore suscitent des convoitises
Olivier Pinaud

Concourir pour le deuxième appel d’offres lancé par la France pour deux champs d’éoliennes en mer tout en condamnant les dérives des subventions dans les énergies renouvelables: Gérard Mestrallet, le président de GDF Suez, ne voit pas la contradiction.

«Le Club Magritte, qui regroupe douze producteurs d’énergie (dont GDF Suez), demande une forte baisse des aides aux technologies matures, comme l’éolien terrestre et le photovoltaïque classique, mais il est favorable à leur maintien pour les solutions en développement comme l’éolien offshore, le solaire à concentration ou le stockage énergie. C’est donc tout à fait compatible», a assuré Gérard Mestrallet vendredi lors de l’officialisation de la participation de son groupe à l’appel d’offres, en compagnie d’Areva, du portugais EDP Renewables et de Neoen Marine, filiale de Neoen et de la CDC. Un second consortium emmené par EDF, avec Alstom et l’allemand WPD, est également candidat pour l’attribution de ces deux champs, situés au large du Tréport et des îles d’Yeu et de Noirmoutier.

L’investissement total est estimé à plus de 3 milliards d’euros. Mais l’assurance d’un tarif de rachat réglementé de l’électricité produite par ces turbines offshore pendant vingt ans apporte de la visibilité sur les cash-flows. Le PDG de GDF Suez est d’ailleurs persuadé de la capacité du projet à «respecter les critères de rentabilité du groupe». Pour les fabricants de turbines, le chiffre d’affaires potentiel est conséquent. Grâce aux trois champs remportés avec EDF lors du premier appel d’offres en 2012, Alstom s'était assuré près de 2 milliards d’euros de revenus. Alstom mais aussi Areva, qui avait gagné un des cinq appels d’offres précédents, amortiraient ainsi plus facilement leurs usines françaises.

Aucun détail économique des deux candidatures déposées auprès de la Commission de régulation de l’Energie (CRE) n’a été dévoilé pour des raisons de concurrence. Le prix maximal de production de l’électricité, fixé à 220 euros par mégawatt heure, est relativement serré, chaque camp misant sur la technologie de ses turbines pour gagner en productivité. La CRE a quatre mois pour transmettre au ministre du Développement durable sa note, attribuée selon des critères techniques, sociaux, industriels, environnementaux ou financiers. La décision reviendra au ministre. Le début de l’exploitation est prévue pour 2021.

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