L’Europe et les coûts de lancement font déraper Ford au quatrième trimestre

Le constructeur anticipe pour 2011 une progression de son bénéfice avant impôt malgré les pressions à la hausse sur ses coûts d’approvisionnement et marketing
Yves-Marc Le Réour
Photo: Bloomberg
Photo: Bloomberg  - 

Si Ford avait depuis près de deux ans surpris positivement les investisseurs avec des résultats supérieurs aux attentes, cela n’a pas été le cas pour le dernier trimestre 2010, à l’exception du chiffre d’affaires, en hausse de 5% à 32,5 milliards de dollars. Le bénéfice publié de 5 cents par action, divisé par cinq en un an, a pâti d’une charge non récurrente et déjà annoncée de 960 millions de dollars, découlant de la conversion anticipée de lignes obligataires en actions en novembre dernier. Mais le bénéfice net avant éléments exceptionnels de 5 cents par action ressort également largement en dessous des 48 cents du consensus. L’action dévissait de près de 15% à 16 dollars à la clôture des Bourses européennes.

Même si le directeur financier Lewis Booth a souligné que «les coûts de lancement de nouveaux modèles n’ont pas été suffisamment pris en compte dans les estimations des analystes», ce facteur n’explique pas à lui seul le recul de 20% du bénéfice global avant impôt à 1,3 milliard (740 millions pour les activités automobile et 570 millions pour la filiale de financement Ford Credit). Si le marché automobile américain est resté bien orienté, l’Europe a souffert d’un environnement «extrêmement concurrentiel» qui a généré une perte inattendue de 51 millions de dollars sur cette région, avec une part de marché tombée de 9% à 8%.

Bien que le lancement de nouveaux modèles et la hausse des matières premières doivent encore peser sur ses coûts en 2011, le groupe espère pour l’ensemble de l’exercice «améliorer son bénéfice global avant impôt et le cash flow de son activité automobile». Ford Credit devrait pour sa part afficher «une rentabilité solide» mais inférieure aux 3,1 milliards avant impôt dégagés l’an dernier.

La structure de bilan du groupe s’est comme prévu bien améliorée avec une diminution de 28% à 19,1 milliard de dollars de sa dette automobile d’un trimestre sur l’autre. Un montant désormais inférieur aux 20,5 milliards de trésorerie disponible dans cette division. Sur l’ensemble de l’année, l’endettement de la division a été réduit de 14,5 milliards, contribuant à économiser «plus d’un milliard de dollars» en frais financiers. L’objectif de Ford est plus que jamais d’être à nouveau noté en catégorie investissement par les agences, ce qui n’a plus été le cas depuis 2005.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...