L’Etat va se montrer vigilant sur le projet de fusion entre Alcatel-Lucent et Nokia
La prise de position n’est pas encore officielle, mais l’Etat français va surveiller de près les conséquences du projet de fusion entre Alcatel-Lucent et Nokia. «Le gouvernement entend que les détails du projet lui soient présentés au plus vite. En toute hypothèse, il sera très attentif à ses éventuelles conséquences sur l’emploi et l’activité des sites français d’Alcatel-Lucent, notamment en recherche & développement, et à ses effets sur l’ensemble de la filière télécoms en France», a déclaré à Reuters une source proche du ministère de l’Economie. «Le gouvernement devra en particulier disposer des éléments pour juger de la pertinence du projet industriel, de sa capacité à constituer un champion européen compétitif au plan mondial, un ‘Airbus’ des télécoms, et des perspectives de développement de l’emploi et des sites qu’il pourrait porter en maintenant un fort ancrage en France», a-t-elle ajouté. Les dirigeants des deux groupes devraient être reçus mardi après-midi à l’Elysée par François Hollande, indique Reuters.
Les activités d’Alcatel-Lucent entrent dans le champ d’application du décret dit «Montebourg» de mai 2014 qui soumet les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques à l’autorisation préalable des pouvoirs publics français.
Après de nombreuses rumeurs, Alcatel-Lucent et Nokia ont confirmé mardi matin «être en discussions sur un possible rapprochement, qui pourrait prendre la forme d’une offre échange en actions de Nokia sur Alcatel». Mais, «à ce stade, il n’existe aucune certitude quant à l’issue des discussions et à la conclusion d’un quelconque accord ou transaction», ont-ils ajouté. A la Bourse de Paris, le cours de l’action Alcatel-Lucent bondit de 12,19% à 4,33 euros à mi-séance, donnant au groupe franco-américain une capitalisation de 12,24 milliards d’euros. A Helsinki, Nokia cède 4,83% avec une capitalisation de 27 milliards d’euros.
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