L’Etat pousse pour concilier l’offre des banques et des fonds sur la Saur

Le Ciri et le FSI vont tenter dans les prochains jours de trouver une solution intermédiaire, en espérant pouvoir réduire un peu plus la dette
Olivier Pinaud

L’Etat ne veut pas voir la Saur tomber entre les seules mains de ses banques. Le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), sous l’égide duquel se tiennent les discussions avec les créanciers et les deux fonds candidats à la reprise, ainsi que le Fonds stratégique d’investissement, premier actionnaire du distributeur d’eau, vont tenter dans les prochains jours de trouver une solution intermédiaire. «Il y a de la place pour rapprocher les points de vue, entre une offre industrielle et celle des banques», indique à L’Agefi une source proche des négociations.

Détentrices de 1,75 milliard d’euros de dette sur Hime, le holding de tête de la Saur, les banques sont en position de force. La société ne respecte plus ses covenants depuis un an et elle vient d’essuyer un incident de trésorerie de 60 millions d’euros. La conversion en capital de 350 millions d’euros de dette permettrait aux banques de prendre 100% de la Saur. Elles proposent, selon leur projet révisé, d’ajouter 400 millions d’euros de quasi fonds propres, ce qui réduirait à 1 milliard la dette restructurée, soit 4,3 fois l’Ebitda estimé pour 2019. Viendraient en plus 200 millions d’euros de «new money» à crédit destinée à faire face aux besoins de la Saur pour les 6 prochaines années. Selon une source proche, les banques proposeraient désormais des titres subordonnés à durée indéterminée (TSDI), à la place du crédit «PIK» initialement prévu.

Ces avancées n’ont pas suffi à convaincre le Ciri. Une source proche rappelle que la gouvernance de la société serait extrêmement compliquée si les 63 banques créancières devaient devenir actionnaires. Sans compter le risque de conflit d’intérêts potentiel lors du financement des investissements de la société par exemple. Pour rassurer, les banques proposent un conseil de surveillance, présidé par un dirigeant du monde industriel et composé de 7 membres, dont 4 indépendants.

Depuis le début des discussions, le Ciri et le FSI militent pour l’entrée au capital d’un seul actionnaire majoritaire et contrôlant. A ce niveau, les projets des fonds Cube et Impala répondent à leurs attentes. Mais leur objectif est également de faire tomber à 700 millions d’euros la dette restructurée de la Saur, ce qui nécessiterait un nouvel effort des banques. Les négociations s’annoncent compliquées. Le projet retenu par la société devra, quoi qu’il en soit, être approuvé par 75% des créanciers.

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