L’Etat impose sa loi Florange aux actionnaires du CAC 40
C’est une confirmation : le vote de la loi Florange sert en grande partie les intérêts de l’Etat actionnaire. Hier, GDF Suez a annoncé qu’il présenterait à son assemblée générale du 28 avril prochain une résolution proposant de modifier ses statuts pour maintenir le principe «une action-une voix». Le groupe répond ainsi aux attentes de ses actionnaires, après avoir reçu une centaine de lettres demandant le respect de cette règle.
Toutefois, l’Etat, qui détient 33% du capital, a prévenu qu’il voterait contre, et fera donc échec à cette résolution nécessitant les deux tiers des voix. «La discussion s’est faite en bonne intelligence avec l’Etat, a expliqué le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet. Le dispositif donnera de la souplesse à l’Etat dans la gestion de sa participation». De fait, il pourra vendre la moitié de ses titres, tout en conservant la même force de frappe en AG.
Avec la loi Florange, les actions détenues au nominatif depuis au moins deux ans bénéficieront automatiquement d’un droit de vote double à compter du 2 avril 2016. De quoi provoquer la colère de nombreux investisseurs. PhiTrust, la société de gestion partenaire de Proxinvest, a fédéré 19 grands investisseurs occidentaux – dont Aberdeen et Robeco – gérant au total 2.300 milliards d’euros, pour contester ce dispositif. Ils ont cosigné une lettre adressée aux présidents des 13 sociétés du CAC 40 concernées par cette disposition, pour leur demander de rétablir le principe «une action-une voix» dans leurs statuts (Air Liquide, BNP Paribas, Capgemini, Crédit Agricole, EDF, GDF Suez, L’Oréal, Orange, Renault, Unibail-Rodamco, Veolia, Vinci et Vivendi). Même l’Etablissement de retraite additionnelle de la Fonction publique (Erafp) recommande de «restreindre au maximum le recours au droit de vote double», et l’AFG y est opposée.
Les proxys, en particulier ISS et Proxinvest, ont déjà prévenu les émetteurs que s’ils ne prévoyaient pas d’inscrire dans leurs statuts le principe «une action-une voix», ils recommanderaient de voter contre le renouvellement des administrateurs, voire de ne pas donner le quitus.
Alstom a tenté sans succès de faire voter cette résolution l’an dernier, sous la pression de l’Etat. Ce dernier devrait également faire échouer cette résolution chez Orange, où l’Etat détient 27% du capital. En revanche, avec 15% du capital chez Renault, l’Etat ne devrait pas faire le poids.
Plus d'articles du même thème
-
Le Conseil constitutionnel renforce la protection des tiers saisis face aux mesures de recouvrement
Saisis d'une question prioritaire de constitutionnalité, les Sages ont invalidé une disposition fiscale permettant de faire peser sur un tiers saisi la totalité de la dette du redevable, consacrant ainsi une application stricte du principe de proportionnalité des peines. -
Une fusion transatlantique se profile dans le secteur des ingrédients
Le britannique Tate & Lyle a accepté une offre d’achat en numéraire de son concurrent américain Ingredion, qui valorise sa cible 3,7 milliards de livres dette incluse. -
Revolut viserait d'ores et déjà 115 milliards de dollars de valorisation
La néobanque britannique envisage une nouvelle cession d'actions existantes, selon Bloomberg. Ce nouveau jalon marquerait une nouvelle hausse de sa valorisation par rapport aux 75 milliards atteints en novembre 2025, en vue in fine d'une introduction en Bourse autour de 200 milliards d'ici à 2028.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Défausse ou défense ?Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin renvoie les magistrats à leurs responsabilités
« S’il y a eu des défaillances, il y aura des sanctions », a prévenu le ministre de la Justice, lundi. Encore faudra-t-il qualifier ces éventuelles fautes -
Affaire Lyhanna, justice criminelle : Gérald Darmanin sur tous les fronts
L'examen du projet de loi sur la justice criminelle a débuté lundi à l'Assemblée nationale, par l'audition en commission des Lois du ministre. Au cœur des critiques que suscite l'affaire Lyhanna, le garde des Sceaux doit désormais s'assurer de l'adoption d'un texte dont le contenu crée la polémique depuis sa présentation -
Noir, c'est noirRetraites : l'avenir s'assombrit encore
Les derniers calculs du Conseil d'orientation des retraites aggravent le solde du système, avec un dérapage du déficit à 2,4 points de PIB en 2070