L’Etat donne son accord à une prise de contrôle par EDF des réacteurs d’Areva
La réorganisation de la filière nucléaire française commence à prendre forme. Quelques heures après une réunion interministérielle tenue à l’Elysée, la présidence de la République a annoncé hier dans la soirée avoir avalisé la proposition d’EDF de reprendre la majorité du capital d’Areva NP, la division réacteurs du spécialiste du nucléaire en difficulté.
«Dès à présent, les activités de conception, gestion de projets et commercialisation des réacteurs neufs d’EDF et d’Areva seront rapprochées dans une société dédiée», a expliqué l’Elysée dans un communiqué. Ces activités rassemblent environ 1.200 personnes, sur 44.000 salariés. Ceci devrait permettre «une politique d’exportation ambitieuse et le renouvellement futur du parc nucléaire français».
Sous réserve d’un accord de partenariat stratégique global signé entre Areva et EDF, ce dernier a ensuite vocation «à devenir actionnaire majoritaire» de la filiale commune Areva NP, qui emploie environ 15.000 salariés. Celle-ci rassemble les activités de construction des réacteurs, d’assemblage des combustibles et de services à la base installée. Areva conservera néanmoins «une participation stratégique avec un pacte d’actionnaires» dans Areva NP.
Ce rapprochement vise aussi à atténuer les risques liés aux grands projets d’Areva, dont les réacteurs EPR en cours de construction à Flamanville et en Finlande subissent d’importants retards et surcoûts. Areva et EDF, détenus respectivement à 87% et 84,5% par des capitaux publics «finaliseront les principes de ce projet dans un délai d’un mois», indique le communiqué. Si le rachat d’Areva NP se concrétise, EDF a prévu de se doter d’une nouvelle division qui serait ensuite filialisée pour lui permettre de travailler avec d’autres clients.
Sans avancer de chiffres, l’Etat a annoncé son intention de recapitaliser Areva «en investisseur avisé, à la hauteur nécessaire». Dans une récente étude, les analystes de Natixis ont estimé les besoins d’Areva à 5,5 milliards d’euros d’ici fin 2017. Le groupe nucléaire, qui a accusé une perte de 4,8 milliards d’euros en 2014, a lancé un plan de sauvetage incluant un milliard d’euros d'économies sur trois ans et jusqu'à 6.000 suppressions de postes, dont 3.000 à 4.000 en France.
«Nous demandons aux deux entreprises de regarder la viabilité du reste d’Areva - Areva NC, les mines, ainsi que les activités de démantèlement et services, transport, fonctions supports», a déclaré à Reuters une source syndicale.
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