Les tensions sur les marges bancaires des grandes entreprises s’intensifient en juillet

Néanmoins leur trésorerie d’exploitation s’améliore fortement, constate l’enquête de juillet de l’AFTE COE-Rexecode
Bruno de Roulhac

Début d’été contrasté pour les trésoreries des grandes entreprises françaises. Selon la dernière enquête AFTE COE-Rexecode, réalisée du 5 au 13 juillet, la trésorerie d’exploitation continue à s’améliorer fortement. Le solde d’opinion – entre les trésoriers jugeant leur trésorerie d’exploitation aisée et ceux l’estimant difficile – s’établit à 14,8% (contre 9,9% en juin), soit le plus haut niveau depuis juillet 2007.

Néanmoins, la trésorerie globale reste stable (-0,1%) en juillet, «après, il est vrai, des mois de forte hausse au début de l’année 2011», note l’étude. Pour le tiers des entreprises déclarant une dégradation de leur trésorerie globale, 35% invoquent une reprise de l’investissement, contre seulement 20% en juin dernier. Une bonne nouvelle, d’autant que les facteurs d’exploitation n’expliquent désormais que moins de 60% de la dégradation de la trésorerie globale contre plus de 80% fin 2010. En cette période de détachement de coupon, le paiement des dividendes continue à peser sur la trésorerie globale.

En revanche, les effets de la crise grecque se font sentir sur les financements des grandes entreprises. Alors que depuis quelques mois des tensions apparaissaient sur les marges bancaires, elles se sont accélérées au début du mois, avec un solde d’opinion de 17,8%, contre 11,7% en juin et 7,8% en mai. Or, sur les quatre premiers mois de l’année, les indicateurs de marge (écart entre le taux d’intérêt moyen appliqué sur les nouveaux crédits bancaires et l’Euribor 3 mois) sont légèrement orientés à la hausse, au-dessus de 120 points de base pour les crédits de moins d’un an, et un peu au-dessus de 240 points de base pour les crédits à plus d’un an, constate l’étude. Ces niveaux devraient donc continuer à monter. De plus, les recherches de financement deviennent de plus en plus difficiles, avec un solde de plus en plus négatif pour le quatrième mois consécutif (de -0,4% en avril à -3,5% en juillet).

Parallèlement, les délais de paiement ne cessent de s’allonger, le solde d’opinion étant passé de 5,8% en février à 13,2% en juillet. Le pétrole pèse toujours lourdement sur les trésoreries, mais la situation s’améliore légèrement en juillet, avec un solde de -26,3% en juillet, contre -36,4% en juin. Quant à la parité euro/dollar, elle affecte toujours légèrement les trésoreries, avec un solde de -8% en juillet, contre -6,2% en juin.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...