Les survaleurs font peser un double risque sur certains groupes
Les dépréciations de survaleurs devraient être un thème phare des résultats 2008. Time Warner en a donné un aperçu en prévoyant une charge de 25 milliards de dollars au quatrième trimestre. En France la situation promet aussi d’être tendue. A l’automne, Marc Gerresten, associé chez PricewaterhouseCoopers, avait dit à L’Agefi prévoir pour les groupes du CAC40 un montant cumulé «certainement à deux chiffres», contre 6 milliards d’euros en 2007.
Si la déprime actuelle va d’une manière générale peser sur les valorisations, «nous identifions des risques additionnels pour des groupes qui auraient surpayé des acquisitions dans la phase boursière 2006-début 2008», précise CM-CIC dans une étude publiée hier. Certes, ce type de dépréciation n’est que comptable et n’a pas d’impact sur la trésorerie. Il n’empêche qu’avec la réduction induite des fonds propres, «certains groupes, aux situations financières tendues, risquent de ne pas respecter leurs «covenants» du fait de ces dépréciations», prévient le bureau.
Il y a donc bien en jeu un double risque: celui de subir des pertes comptables et dans la foulée une dégradation de la situation financière. Avec pour conséquence, selon CM-CIC, «un coût financier revu en hausse pour les plus solides ; un risque de devoir recourir à des levées de capitaux au mauvais moment pour les plus faibles».
La politique d’acquisition des mois, voire des années, passés n’est donc pas le seul critère à apprécier. Ainsi, bien que Danone, Publicis ou Cegedim aient procédé à de nombreuses acquisitions depuis 2006 (avec respectivement 12,9 milliards, 3,5 milliards et 581 millions de survaleurs nettes), l’équipe d’analystes juge faible le risque de dépréciation et négligeable l’éventuel impact sur la situation financière. Quant à Saint-Gobain, ce sont 120 millions d’euros de dépréciations qui sont attendues (sur 9,24 milliards de survaleurs). Soit un montant gérable par rapport aux 16,1 milliards de fonds propres.
Tous ne sont pas dans une situation aussi confortables. CM-CIC a détecté sept cas à risque (voir tableau). Parmi eux, Veolia (qui a déjà agité le marché), Groupe Partouche ou Lafarge. Pour ce dernier (6,3 milliards de survaleurs rien que sur Orascom), «un point de croissance en moins en 2009-2010 amputerait en théorie les survaleurs liées à Orascom de 219 millions», calcule CM-CIC.
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