Les sociétés du CAC 40 ont déprécié massivement leurs actifs en 2012
Triste record. En 2012, les entreprises du CAC 40 ont déprécié pour 16,8 milliards d’euros d’actifs, un nouveau plus haut après les 13,2 milliards de 2011, constate le septième «Profil financier du CAC 40» du cabinet Ricol Lasteyrie. Près des trois quarts de ces pertes de valeurs concernent le goodwill. Toutefois, sur les 24 sociétés de l’indice ayant déprécié leur goodwill, 7 (principalement Crédit Agricole, ArcelorMittal et Orange) représentent 92% du total.
Après ces importants efforts, 30 milliards de dépréciations d’actifs en deux ans, «nous n’avons pas de raison d’attendre de fortes dépréciations en 2013», confie Sonia Bonnet-Bernard, associée gérante de Ricol Lasteyrie. Pour autant, fin 2012, 12% seulement du stock total de goodwill ont été dépréciés…
Ces pertes de valeurs s’inscrivent dans un contexte de forte détérioration de la rentabilité des entreprises du CAC 40. Si le chiffre d’affaires progresse très légèrement, la marge opérationnelle (hors banques et assurances) tombe de 9,5% à 8,2%, proche de ses plus bas de 2012, tandis que le résultat net recule de 28% à 53 milliards d’euros, soit une chute de 45% depuis le point haut de 2007. Une dégradation qui pèse sur la rentabilité des capitaux propres, tombée à 6,5% fin 2012, contre 9,2% en 2011 et 15% en 2006. Le seul secteur banques et assurances n’affiche même qu’un rendement de 2,7%.
Pour 2013, aucun renversement de tendances n’est encore visible. Les chiffres d’affaires ont reculé de 2,1 au premier trimestre, et sur l’ensemble de l’année, le consensus anticipe une baisse de 2,2% des ventes et de 2,5% du résultat net global.
En revanche, du côté des bonnes nouvelles, grâce notamment au rebond de 15% du CAC 40 l’an dernier, les sociétés de l’indice se valorisent 1,17 fois le montant de leurs fonds propres. Une progression par rapport au plus bas de 1 de l’an dernier, mais un niveau encore très faible et loin des 2,1 de 2007. La Bourse ne valorise même pas les fonds propres de 12 sociétés (15 en 2011). Les 70 sociétés cotées sur le compartiment A d’Euronext Paris affichent quant à elles un ratio de 1,4, contre 1,2 en 2011, selon la récente étude de la Banque de France.
Seul signe encourageant, les sociétés du CAC 40 poursuivent leur internationalisation, ne réalisant plus que 30% de leur chiffre d’affaires en France (32% en 2010). Et les sociétés qui cherchent leur croissance hors d’Europe sont les mieux valorisées.
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